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fanficshp298
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Dans mon blog, il va avoir plein de fanfictions d'Harry Potter !
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Blog Livre
Date de création :
29.08.2005
Dernière mise à jour :
29.08.2005
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Haine éternelle

Posté le 29.08.2005 par kira_d_emeraude
"Ben, c'est assez compliqué… vous devez savoir que les Gryffondor et les Serpentards ne s'entendent pas du tout…"

"On m'a informé de la rivalité, oui…" répondit le professeur avec un petit sourire.

"Eh bien j'avais retenue avec un Serpentard et-,"

"-Et c'était Draco Malfoy. Le professeur Rogue m'en a parlé l'autre jour. Je le connais le jeune Malfoy, il est dans un autre cours de Runes Anciennes de 5ème année…"

Hermione regarda Maurane Valence, incrédule. Cette dernière parlait de Draco avec un tel relâchement que la jeune fille en venait presque à croire qu'il n'avait rien fait de mal.

"On s'est disputés et il a essayé de m'étrangler… j'ai failli mourir, je le sais car…"

Elle se rendit compte qu'elle n'arrivait pas à parler de son entretien avec la mort. C'était trop bizarre et irréel, voilà tout. Professeur Valence lui sourit et hocha la tête pour montrer qu'elle comprenait la difficulté d'Hermione à s'exprimer. Cette dernière prit la tasse que lui tendait la jeune femme et se mit à siroter lentement le liquide brûlant, savourant le goût comme si sa vie en dépendait.

"Mais il n'y a rien à faire…et de toute façon je ne pense pas qu'il recommencera."

"Fais tout de même attention…préviens-moi s'il recommence…"

Hermione lui sourit timidement. Elle finit sa tasse et s'en alla, souhaitant une bonne nuit à son professeur. Prenant la direction de la tour de Gryffondor elle hâta légèrement le pas, toujours un peu bouleversée par les événements de la soirée. Mais tandis qu'elle gravissait le grand escalier de marbre, elle entendit quelqu'un crier au loin. Oubliant toute prudence, elle se mit à courir en direction de la voix, ses pieds martelant le sol de pierre d'un bruit mat.

"Qui est là? Vous avez besoin d'aide?"

Seul le hululement lointain d'un hibou lui répondit. Les cris avaient cessé, mais elle pouvait maintenant entendre des coups sourds. Elle distingua dans la pénombre de ce corridor inconnu une raie de lumière sous une tapisserie. Cela devait être l'entrée d'un passage secret. La tapisserie représentait un serpent enroulé autour d'une dague et Hermione frissonna en écartant le pan de toile. Un passage illuminé par des torches descendait dans les entrailles du château et la jeune fille entendait à présent des éclats de voix.

"Je te dis que je refuses!"

"Il me semble que la leçon de cette après-midi ne t'ait pas suffit…"

Hermione eut soudain très peur; peur d'être le témoin d'une scène dont elle ne voulait surtout pas se mêler. Mais un cri de douleur éclata de nouveau et elle prit son courage à deux mains. Parcourant la longueur du couloir en trombe, elle déboucha dans une petite salle faiblement éclairée. Draco était assis parterre, le visage en sang et devant lui se tenait un homme qu'elle n'avait vu que peu de fois dans sa vie mais dont elle se serait bien passée: Lucius Malfoy…

Chapitre 9: À plusieurs centaines de mètres d'altitude

Draco se sentait au bord de l'évanouissement lorsqu'Hermione déboucha dans la pièce par le passage secret. Il fut tellement éberlué de la voir là qu'il ne pensa même pas à profiter du moment de confusion pour récupérer sa baguette qui se trouvait dans la poche de Lucius. Celui-ci eut un mouvement de recul en apercevant la jeune Gryffondor, mais retrouva bien vite (malheureusement) ses esprits.

"Tiens, tiens, tiens… ce serait pas la petite amie de Potter par hasard?"

Hermione, par habitude, eut l'impulsion soudaine de le corriger, mais Lucius lui jeta un regard qui la fit taire.

"Peu importe qui tu es, ma petite Mudblood… je t'ai déjà vue et c'était en compagnie de Potter, c'est tout ce qui compte! Stupéfix!"

Draco ferma les yeux contre le bruit mat que fit le corps de son ennemie en tombant. Il avait beau la détester, il ne lui souhaitait quand même pas de tomber entre les mains crochues et perverses de son père…

"Viens, toi!" dit Lucius en lançant à son fils meurtri un regard chargé de haine, "nous partons!"

"Mais…où allons-nous?"

"Au Manoir! Dépêche-toi !"

Se levant avec peine, le jeune homme suivit son père hors du château. Lucius avait jeté Hermione, toujours évanouie, sur son épaule et Draco avait l'étrange envie de l'arracher de là, même si c'était la meilleure amie de Potter. Après tout, Voldemort avait déjà Weasley, alors pourquoi prendre Granger? Cette question lui paraissait logique, mais elle lui pesait à la fois douloureusement sur le ventre, comme s'il avait pensé quelque chose qu'il n'aurait pas dû. La petite procession arriva soudain en vue d'une calèche, tirée par quatre chevaux ailés. Ceux-ci étaient d'un blanc de nacre et leurs flancs miroitaient la lumière de la pleine lune. Lucius fit monter Draco dans le petit espace et lui passa le cops inerte d'Hermione qu'il assit non sans peine à côté de lui sur la banquette rouge pourpre. La tête de la jeune fille était appuyée contre la vitre et elle semblait si flasque que Draco crut presque que Lucius l'avait déjà tuée. Quand tout le monde fut à l'intérieur, la calèche s'ébranla et décolla, tirée par les pégases blancs. Draco regarda son père s'endormir en pensant à ce qui lui arriverait lorsqu'ils seraient à la maison…sûrement quelque chose de très déplaisant…
Une heure s'écoula, mais le Serpentard ne trouvait pas le repos. Ses paupières s'alourdissaient parfois mais se rouvrait aussitôt, son esprit en proie à une nouvelle idée folle pour s'échapper de ce calvaire. Soudain, alors que Lucius dormait encore, Draco remarqua quelque chose qui dépassait d'une des poches. 'Ma baguette! Comment ai-je pu oublier?!' Alors lentement, il se leva de son siège et tendit la main à travers la semi pénombre (il n'y avait pas de lampes dans le carrosse, juste la lumière de la lune au dehors). Prudemment, il saisit le mince bâton de bois et commença à le retirer lentement, mesurant ses gestes. Lucius grogna bruyamment, mais se tourna sur le côté, ce qui facilita la tâche. Dans les 10 secondes qui suivirent, Draco avait à nouveau sa baguette en main. Il se tourna vers Hermione:

"Enervate!"

"Que-"

Draco eut juste le temps de plaquer sa main sur la bouche de la jeune fille avant qu'elle ne réveille son père.

"Chut! Tais-toi sinon il se réveillera et crois-moi, tu n'aimerais pas ça! Lumos!"

Hermione jeta un regard apeuré autours d'elle et se recroquevilla sur son siège, comme pour s'éloigner le plus possible des deux dangers ambulants qui se trouvaient dans la calèche. Elle semblait désemparée, surtout quand elle constata en regardant par la fenêtre qu'ils se trouvaient en train de voler dans les airs à plusieurs centaines de mètres d'altitude.

"Où suis-je? C'est toi qui m’as amenée ici? Laisse-moi sortir!"

Draco soupira. Elle avait beau être brillante en classe, quand les choses se compliquaient un peu elle devenait très bête!

"Mais non idiote! Comme si j'aurais fait une chose pareille…" Draco ignora la lueur de désapprobation dans le regard d'Hermione, "c'est lui!"

Il désigna l'homme assoupi sur la banquette en face d'eux. Hermione eut une expression de dégoût en reconnaissant Lucius Malfoy. Draco sourit légèrement, comprenant tout à fait cette réaction. Ils avaient au moins un point commun; ils détestaient la même personne. Cela serait utile s'ils devaient travailler ensemble pour sortir de Malfoy Manor, si jamais ils survivaient jusqu'à ce que l'occasion se présente…

"J'imagine que tu l'as aidé…"

"Tu tiens vraiment à ce que je t'étrangles pour de bon Granger?"

"Non ça ira merci! C'était très dangereux ce que t'as fait tout à l'heure!"

"Je sais, mais crois-moi c'est le moindre de mes soucis pour l'instant! Essaie d'ouvrir la porte…"

Hermione ne bougea pas, l'interrogeant du regard.

"Fais ce que je te dis! Si tu veux t'en sortir vivante, fais-le!"

Soupirant, la jeune fille se tourna vers la porte et saisit la poignée en argent. Elle appuya de toutes ces forces mais rien ne se passa: ils étaient enfermés. Draco essaya aussi, puis lâcha un grognement et tapa du poing dans le moelleux de la banquette. Il n'y avait rien à faire…

"Écoute, mon père nous veut du mal à tous les deux; moi parce que je lui ai désobéi et toi parce que tu es proche de Potter. Le connaissant, il est capable de nous faire subir les pires tortures imaginables et même si je te déteste, ne l'oublie jamais, ce serait inhumain de ma part de t'abandonner à un sort si affreux…le mieux c'est que je te pétrifie et quand tu reviendra à toi au Manoir, on avisera. J'ai pas d'autres idées pour l'instant…"

"Pff, pas besoin d'avoir pitié de moi, Malfoy! Je sais très bien me défendre!"

Les yeux de Draco n'étaient plus que de maigres fentes et son visage s'imprimait de colère renfermée. Lucius lui avait jeté un sort dans son enfance lui empêchant de lancer des sorts sur un membre de sa famille, alors Draco se contenta de changer deux boutons de manchette en boules caisses et de les enfoncer dans les oreilles de son père, qui heureusement ne se réveilla pas, puis il explosa:

"Tu sais très bien te défendre hein?? Sais-tu seulement ce que mon père et Voldemort pourraient te faire, rien que parce que Potter t'aime??? Le seul fait que tu es aussi une Mudblood ne serait pas mentionné bien sûr! J'aurais été prêt à t'éviter bien des ennuis en les attirant sur moi et voilà que ton foutu courage de Gryffondor se ramène!!!!!"

"Tu me connais mal…"

"Et toi, bien que Potter les ait affronté je ne sais combien de fois, tu connais mal les Mangemorts! Ils te tortureront, te violeront puis te laisseront agoniser jusqu'à ce que tu meures!!!! C'est ça que tu veux???"

"Comment pourrais-je te faire confiance? Seul un Mangemort peut-être aussi au courrant…"

"Qu'est-ce que tu insinues exactement?"

Hermione eut un rictus mauvais en croisant ses bras en travers de sa poitrine. Elle arborait l'air de quelqu'un qui savait quelque chose d'important avant les personnes concernées. Draco le connaissait trop bien, l'ayant utilisé tellement de fois devant le Trio des Zéros (surtout en 4ème année, avec le Tournoi et ensuite les articles).

"Cesse de monter sur tes grand chevaux! Tout le monde à Poudlard sait que tu as été fait Mangemort quand Voldemort est revenu!"

Draco ouvrit grand les yeux, d'abord stupéfait. C'est donc pour ça que tout le monde m'évitait, sauf Crabbe et Goyle qui sont trop bêtes pour comprendre et Pansy qui s'en fiche…' Puis la rage prit une nouvelle fois le dessus. Oubliant toute prudence vis à vis de son père (qui dormait toujours, en ronflant par dessus le marché), il se jeta pour la deuxième fois de la soirée sur Hermione. Celle-ci laissa échapper un cri de surprise, mais ce débattit mieux que dans la salle des maîtres, réussissant à mordre Draco au bras. La calèche était assez grande et Lucius ne bougea pas lorsque les deux roulèrent parterre en se ruant de coups de poings (qui heureusement n'atteignaient presque jamais leur but). Draco, de loin le plus fort, arriva au bout de cinq minutes à coincer Hermione en dessous de lui. Il lui ligota les mains à l'aide de ficelles tirées de sa baguette et murmura, sa voix chargée de dégoût:

"Je comprends vraiment pas comment j'ai pu penser un instant à te sauver! Tu n'est qu'une sale ingrate-"

Mais il s'arrêta, un sentiment d'effroi coulant en lui. Je viens de dire exactement ce qu'aurait dit mon père…c'est impossible, je ne peux pas être en train de devenir comme lui…' Hermione détourna la tête et Draco envahi d'une honte terrible la détacha. Son ennemie ne bougea pourtant pas, ce qui mit le jeune homme encore plus mal à l'aise.

"Je…je suis désolée…"murmura Hermione, "j'aurais dû te croire. C'est qu'avec tout ce qui se passe en ce moment on ne sait plus à qui on peut faire confiance…tu n'est pas Mangemort, c'est ça?

"Non. Je n'ai jamais voulu l'être."

"Et tu détestes Voldemort et ton père?"

"Du plus profond de moi-même…"

Les deux restèrent un instant couchés à se regarder d'un drôle d'air. Draco se sentit rougir, mais si Hermione le remarqua elle ne dit rien. Lucius ronflait et une fine pluie s'était mise à marteler le toit du véhicule. Dehors, les chevaux ailés lancèrent un hennissement plaintif. Draco savait qu'ils seraient bientôt au Manoir et se dit: 'maintenant, fais-le maintenant. Après il sera trop tard et elle sera perdue à jamais…' Alors il se pencha en avant et posa ses lèvres sur celles d'Hermione…

Chapitre 10: Cet ignoble personnage

Hermione sentit son souffle se bloquer dans sa gorge lorsque Draco l'embrassa. Prise par surprise elle voulut le repousser, l'histoire de leur haine constante défilant devant ses yeux à toute allure, puis elle se laissa aller, posant ses mains tremblantes sur les épaules du Serpentard. Alors qu'elle s'abandonnait, une voix triste et en même temps furieuse retentit dans sa tête: C'est mal, c'est très mal! "Tu es en train de fraterniser avec l'ennemi, voilà ce que tu fais!" Les paroles utilisées par Ron au Bal de Noël en 4ème Année vis à vis de sa relation avec Viktor Krum lui revinrent en mémoire, lui arrachant un petit gémissement de douleur. Son ami était en train de souffrir tandis qu'elle, elle était couchée au fond d'un carrosse à embrasser leur pire ennemi commun. Rassemblant ses forces, elle détourna la tête et repoussa Draco, évitant soigneusement de le regarder dans les yeux.

"Je ne peux pas…Draco."

"Hermione…" dit-il en l'empoignant par les épaules.

"Non," hurla t'elle presque en se relevant, " c'est pas bien du tout et tu le sais! J'ai honte et ça devrait être pareil pour toi!!"

Draco resta un instant muet à la dévisager, puis son visage afficha une grimace de colère.

"Très bien. Je croyais que tu avais compris ce que je te disais tout à l'heure, mais je me suis trompé. Autant dire que je ne t'ai jamais réveillée…Stupéfix!"

La vision d'Hermione se brouilla subitement, mais elle put tout juste distinguer une lueur de déception qui scintillait dans le regard soudain si froid de Draco avant de sombrer dans un noir total et presque palpable…


Beaucoup plus tard…


Une douleur cuisante lui martelait le front. Ce fut la première chose qu'Hermione ressentit en reprenant conscience. Essayant de tromper la douleur en gardant les yeux fermés, elle tendit une main hésitante et palpa d'une main aveugle le sol sur lequel elle était couchée. C'était de la pierre assez brute, beaucoup moins lisse que celle des corridors et des murs de Poudlard mais aussi beaucoup plus froide. Maintenant qu'elle s'était extirpée de sa torpeur, la jeune fille avait l'impression d'avoir dormi dans un réfrigérateur. Lentement et prudemment, elle ouvrit les yeux pour ne rencontrer qu'une pénombre étouffante. La seule lumière provenait d'une lucarne à barreaux située à environ trente mètres du sol. Restant couchée un instant, Hermione laissa ses yeux s'habituer à l'obscurité, puis elle s'assit en se tenant la tête. La douleur augmenta et Hermione tressaillit lorsque ses doigts rencontrèrent un liquide chaud qui émanait de ce qui semblait être une plaie assez profonde: du sang. 'Où suis-je?' la question resta en suspens dans sa tête tandis qu'elle essayait vainement de se remémorer comment elle avait bien pu atterrir dans un endroit aussi sinistre"'Malfoy! Oh le salaud! Juste parce que…" Mais elle n'avait pas le courage de se révolter, même intérieurement.

"Il faut d'abord que je sorte d'ici!"

Elle avait dit cette dernière phrase tout haute sans s'en rendre compte et crut qu'elle allait s'évanouir lorsqu'une voix s'éleva du coin le plus sombre de la pièce.

"Te casses pas la tête, c'est impossible…"

Hermione se leva timidement et s'aventura dans la direction d'où provenait la voix. Un bruissement d'étoffe lui parvint, accompagné d'un cliquetis de chaînes. La voix, bien que très enrouée sûrement par manque d'eau, lui semblait avoir un timbre familier.

"Qui êtes-vous?"

"Je m'appelles Jack Sullivan. J'ai 16 ans et je devrais être à Poudlard mais ça va bientôt faire 2 ans que je suis ici…j'ai été capturé à 14 ans par Lucius Malfoy, un peu avant que Voldemort ne revienne au pouvoir…"

"Tu allais à Poudlard avant? Dans quelle maison? Comment ça se fait que tu es ici?"

"J'étais à Serdaigle. Dans ma famille ce sont tous des Serpentards, alors tu imagines la déception et la fureur quand je n'y suis pas allé à mon tour. Ils voulaient que je devienne Mangemort, mais je m'y suis opposé depuis toujours. Lors de ma 4ème Année j'ai révélé à Dumbledore d'importants secrets concernant les activités des proches de Voldemort, rien que pour me venger de ma famille, mais j'ai été découvert facilement et on m'a vite fait taire en m'enfermant ici. La seule raison que je ne suis pas déjà mort c'est qu'ils espèrent tous que je vais changer d'avis si on me laisse mijoter assez longtemps."

Il avait dit tout ça d'une traite et Hermione se sentait gênée. Ce garçon ressemblait un peu à Draco, lui non plus avait renié le destin que sa famille lui avait imposé, et voilà où tout ça l'avait mené. Si jamais elle s'en sortait, elle conseillerait à Draco de changer de nom et de s'enfuir très loin.

"Moi c'est Hermione Granger. Je suis à Gryffondor en 5ème Année…"

"Ah oui, il me semble t'avoir vu quelques fois à l'école en compagnie d'Harry Potter…c'est bien ça?"

"Oui, c'est mon meilleur ami. Dis, est-ce que les Mangemorts n'auraient pas capturé un garçon roux aux yeux marrons il y a environ une semaine?"

"Tu sais il y a tellement de prisonniers séjournent dans ma cellule et qui repartent ensuite que je ne peux te dire exactement mais c'est bien possible…"

"Les prisonniers, où les amène t'on après?"

"Je ne sais pas, aucun n'est jamais revenu ici…"

Hermione redevint silencieuse. Ce Jack Sullivan, bien qu'il semblait assez inoffensif, avait l'air de n'avoir pas toute sa tête. La façon dont il parlait avec un détachement évident donnait l'impression que cette cellule sombre lui avait ôté tout sentiment. C'était probablement là l'effet voulu par Voldemort. Lorsque devenu comme une poupée humaine, les Mangemorts n'auraient aucun problème à en faire l'un d'entre eux. Et avec lui, aucun moyen de savoir si Ron se trouvait réellement dans les environs et qu'est-ce qu'il lui était arrivé. Juste au moment où elle s'apprêtait à retourner vers le milieu de la pièce, une porte noire dissimulée dans le mur s'ouvrit. Bien qu'elle ne soit restée que quelques heures dans la pénombre, la lumière aveuglante qui s'engouffrait dans la cellule lui piquait affreusement les yeux. Deux silhouettes apparurent et s'avancèrent vers elle. D'instinct, Hermione recula vivement, ses pieds ricochant contre des pierres éparpillées sur le sol, et leva ses bras comme faible protection. En un éclair, les formes sombres l'agrippèrent violemment et la tirèrent en direction de la porte. Ouvrant les yeux, Hermione adressa un regard suppliant à l'insu de Jack mais celui-ci avait la tête tournée dans la direction opposée et ne le vit pas. La lourde porte se referma sur la prison dans un grincement sinistre et Hermione regretta presque Jack, l'obscurité et le froid polaire qui y régnait. Tout valait mieux que de devoir affronter Voldemort.

"Où m'emmenez-vous?" demanda t'elle, bien qu'elle était quasi-sûre de la réponse.

"Voir le maître! Ferme-là!"

Hermione jugea prudent d'obéir à ses geôliers et se tut. Les observant, elle devina qu'il s'agissait des pères de Crabbe et Goyle. Ils avaient la même stature et apparemment la même intelligence non existante. Pendant qu'ils serpentaient dans les donjons (Hermione avait deviné que c'était là où ils se trouvaient), elle se mit à penser à Draco. Où était-il à présent? Avait-il reçu le même traitement? Était-il toujours vivant? Elle se frappa mentalement, envoyant tout de même une nouvelle décharge de douleur réelle à sa blessure sur le front. Qu'est-ce qui te prends de penser à cet ignoble personnage! Sans lui tu serais au lit en train de dormir paisiblement… Une brusque secousse de la part de Crabbe Senior la tira de sa rêverie. Ils étaient arrivés devant une grande porte en chêne. Hermione retint son souffle, terrifiée de rencontrer la personne qui se tenait de l'autre côté. Goyle Sr toqua trois fois et une voix froide répondit:

"Entrez."

Les deux brutes qui tenaient Hermione poussèrent la porte et l'obligèrent à avancer. La jeune fille tenta de toutes ses forces de résister mais il n'y avait rien à faire. La pièce dans laquelle elle se trouvait maintenant était gigantesque. Des torches projetant une lumière verte s'alignaient par centaines contres les murs de pierre. Des sièges, disposées eux aussi le long des murs, étaient occupés par des personnes vêtues entièrement de noir: des Mangemorts. Et tout au bout de la salle se tenait un trône de bois ancien. Il était taillé de manière que le nombre de serpents infinis qui l'ornait semblait bouger dans la lueur des flammes. Sur ce trône était assis Le Seigneur des Ténèbres; Lord Voldemort…



--

Haine éternelle

Posté le 29.08.2005 par kira_d_emeraude
Haine Éternelle

Chapitre 1: Couchée sur du papier

La lettre était là, dans sa main… Il pouvait la déchirer, la brûler, faire semblant qu'elle n'était jamais arrivée mais cela ne servirait qu'à alimenter la fournaise de colère de son père. Lucius Malefoy était un être perfide et injuste, et ça Dracon le savait que trop bien. Pendant des années, il s'était laissé faire, pensant que son père avait raison de tout, que s'il maltraitait son fils, c'était parce que Dracon avait fait quelque chose de mal. Et enfin, quand il s'était laissé aller à lui tenir tête, ses propos n'étaient entendus que d'une oreille sourde appartenant à quelqu'un qui avait déjà décidé de son futur. Pour s'assurer qu'il n'avait pas imaginé le contenu de la lettre la première fois, Dracon la relut:

Dracon- (jamais le moindre Cher, bien évidemment)
Sache que ta conduite m'a beaucoup contrarié, la semaine dernière. Le Seigneur des Ténèbres a besoin d'âmes fortes, prêtes à combattre à ses côtés et ni lui ni moi n'accepterons une réponse négative de ta part. Ton initiation de Mange mort prendra place à Noël et tu y viendra sans nous causer de problèmes, c'est compris? Ne me déçois plus…
-Lucius

'Ne me déçois plus…' Draco tourna et retourna ces mots dans sa tête, laissant grandir sa fureur. Il roula le morceau de parchemin tant haï et l'écrasa dans son poing, avant de le jeter avec dégoût dans la cheminée de la Salle Commune des Serpentards. 'C'est comme si je n'avais fait rien d'autre depuis ma naissance!' Heureusement, la pièce était déserte, et Draco fut soulagé de ne pas sentir de regards curieux et effrayés se poser sur lui tandis qu'il renversait une des tables basses d'un monstrueux coup de pied. 'Comment ose-t-il croire un instant que je vais me plier à ses désirs! Je suis mon propre maître!' Mais il savait que c'était inutile de luter, de résister, de penser… Le cours des choses ne se changeait pas comme ça, d'un simple claquement de doigt… Un destin lui avait été assigné, sans qu'on lui demande son avis, comme un examen trop compliqué à passer. Il n'avait pas le choix, c'était tuer d'autres ou mourir soi-même. Il en avait marre de se faire utiliser, et aurait si possible préféré nier tout lien avec cet homme qui était son père, mais la fierté et l'arrogance qui coulait dans le sang des Malfoy depuis maintes générations se trouvaient aussi présents dans son esprit et dans son corps. Il ferait semblant, laissant Voldemort jouer avec lui comme avec ses autres marionnettes Mangemort, puis, ayant acquis suffisamment de connaissances, il se retournerait et se vengerait, les mordant tous par derrière comme un serpent vil et venimeux. Ses lèvres se contorsionnèrent en un rictus mauvais et il se pencha pour attraper son sac. Draco sortit un pot d'encre verte, une plume, un morceau de parchemin et se mit à écrire:

Père-
Je vous prie d'excuser mon impertinence de la dernière fois. Je venais de lire un livre qui m'avait profondément perturbé, et je ne me rendais pas bien compte de ce que je disais. Il est évident que je me rendrai à mon initiation, je l'anticipe déjà grandement. Je vous promets que je ne vous décevrai plus…
-Draco

Il s'arrêta sur ces quelques lignes, angoissé d'en avoir presque déjà trop fait et inventé. Après tout, ça faisait pas mal de confiances à gagner en si peu de temps, à commencer par son père et Voldemort. Et la seule liaison qui existait en ce moment entre son père et lui était celle couchée sur du papier. L'hibou auquel il venait de confier sa lettre venait tout juste de partir par une des hautes fenêtres de la Salle Commune, quand une voix aiguë et déplaisante retentit derrière lui.

"Qu'est-ce que tu fais là, tout seul dans le noir (le feu s'était éteint sans qu'il s'en aperçoive), Draco?

C'était Pansy Parkinson. 'Grrr, elle ne me lâchera donc jamais, celle-là…' pensa Draco, mais il ne répondit pas tout de suite. Il dévisagea sa camarade un instant, se demandant pourquoi il continuait de lui prêter parfois attention, comme quand il l'emmenait aux bals de l'école ou d'autres choses pareillement inintéressantes.

"Je réfléchissait. Maintenant si tu permets, je monte me coucher!"

Chapitre 2: On ne devient pas désamoureux

Hermione frotta ses yeux endormis et s'assit dans son lit. Elle avait fait un rêve étrange, mais il n'en restait que de vulgaires bribes éparpillées au quatre coins de son esprit. Elle se dépêcha de les oublier elles aussi, avant de se lever et de se diriger vers la salle de bain pour prendre une douche. Elle enleva son pyjama et le roula en une boule qu'elle fourra dans le panier de linge sale qui se trouvait à côté du lavabo, puis se mit sous la douche. Avec l'eau délicieusement chaude et le parfum revigorant de son savon au thé vert, toutes traces de sommeil qui auraient pu lui rester s'étaient évaporées. Après cinq minutes de pure détente, elle enroula une serviette autour de son corps et retourna dans sa chambre pour s'habiller. Lavande et Parvati dormaient encore et Hermione pris soin de ne pas faire trop de bruit en enfilant son uniforme. Il était 7h30 et le petit déjeuner ne commencerait que dans une demi-heure, elle avait tout son temps.
Il y avait une coiffeuse dans un coin de la pièce où Lavande et Parvati s'asseyaient tous les matins pour se coiffer et se maquiller. Hermione ne s'en servait jamais, elle trouvait ça stupide, mais ce jour-là elle se dit: 'j'ai 15 ans après tout, pourquoi ne pas essayer?' Alors elle s'installa sur le tabouret de velours rembourrées regarda les objets placés devant elle sur la surface de bois lisse. Il y avait du rouge à lèvres, du fard à paupières, de la crème avec des paillettes, du mascara de divers coloris, des vernis à ongles; bien plus que ce qu'elle avait utilisé pour le Bal de Noël en 4ème année. Tout cela était très tentant. D'une main timide et tremblante, elle se saisit d'un gloss à lèvres nacré appartenant à Parvati et s'en mit un peu, répétant les gestes qu'elle avait retenus en observant ses deux amies tous les matins depuis son arrivée à Poudlard. Après s'être contemplée avec satisfaction dans le miroir, elle s'attaqua au mascara, mais laissa échapper un cri de douleur quand celui-ci glissa et elle se prit le bâton dans l'œil. 'Mieux vaux ne pas l'utiliser pour le moment…' se dit-elle en enlevant avec un mouchoir le noir qui avait coulé. Ensuite, trouvant qu'un gloss c'était assez pour le premier jour, elle examina les parfums, débouchant et rebouchant bouteilles et flacons de toutes sortes pour sentir les odeurs enivrantes qui en sortaient. Elle finit par en choisir un au cassis qui était discret, mais pas au point qu'on le ne le remarque pas. Puis elle se coiffa les cheveux, retira une barrette bleue du fond de son propre coffre (elle lui avait été offerte par sa grand-mère deux ans plus tôt, mais Hermione ne l'avait jamais mise) et ramena ses mèches farouches en une queue de cheval.

"Hermione, on peut savoir ce que tu fais?"

C'était Parvati et Lavande qui venaient de se réveiller et qui la regardaient avec surprise. Comme si elle avait été prise en train de commettre un vol quelconque, Hermione se leva d'un bond et s'éloigna de la coiffeuse, laissant tomber son peigne parterre.

"Moi? Euh, rien…" elle essayait vainement d'adopter une expression innocent mais c'était sans succès.

Parvati et Lavande la regardèrent, jetèrent un coup d'œil aux objets sur la coiffeuse qu'Hermione n'avais pas eu le temps de ranger, puis se regardèrent entre elles, leurs visages s'illuminant de sourires identiques.

"Je le savais!" s'exclama Lavande, "Je savais qu'un jour tu craquerais!!!"

"Oh, y a pas de quoi en faire tout un drame, c'est juste un peu de gloss et de parfum…" Hermione commençait sérieusement à regretter ce qu'elle avait fait.

"Oui, mais toi tu es Hermione Granger, donc c'est un miracle!!!! Ron va en tomber à la renverse!" gloussa Parvati.

"Pourquoi Ron je t'en prie?"

"Arrête, tu sais très bien qu'il est dingue de toi! Ça saute aux yeux!"

Hermione se sentit rougir. Pour Ron, elle le savait que trop bien. Il montrait sa faiblesse pour elle tellement souvent, surtout quand ils se bagarraient, et chaque fois Hermione avait envie de lui dire que c'était impossible, qu'ils ne pouvaient s'aimer sans risques de briser leur amitié mais toujours elle se décourageait. Elle n'avait pas envie de lui faire de la peine.

"Bon, ça suffit les filles, vous en faites un peu trop. J'enlève tout si vous continuez…"

Lavande et Parvati semblaient croire que c'était grâce à elles qu'était apparue la nouvelle Hermione et en étaient apparemment tellement fières qu'elles se turent aussitôt, mais gardèrent leur sourire. Hermione leur jeta un regard exaspéré, soupira, puis descendit prendre son petit déjeuner. Harry et Ron étaient déjà attablés à la table de Gryffondor devant de grandes assiettes d'œufs au lard quand Hermione déboucha dans la Grande Salle. Elle les salua, s'assit à côté d’Harry et tira de son sac un gros volume sur l'Arithmancie qu'elle se mit à lire, tout en mangeant des tartines. Au bout d'un moment, elle sentit que quelqu'un l'observait. Levant la tête, elle aperçut Ron, assit en face d'elle, qui la dévisageait d'un air bizarre.

"Qu'est-ce qu'il y a? Tu me regardes comme si tu me voyait pour la première fois…"

"Tu t'es maquillée."

Il avait dit ça comme si c'était la chose la plus anormale au monde.

"Oui et alors?"

"T'es pas sensée te maquiller…"

Hermione le regarda, bouche bée.

"C'est la chose la plus ridicule que j'aie jamais entendue! Pourquoi j'aurais pas le droit de me maquiller si j'en ai envie?"

"Mais c'est pas ton genre, ton style, c'est tout simplement pas toi…"

"Ah, juste parce que Monsieur veut que je reste la même, je n'ai pas le droit de faire ce que je veux?"

"Non…oui…à peu près…non, je veux dire non," balbutia Ron qui devenait de plus en plus rouge.

Plusieurs regards se tournèrent vers eux quand Hermione se leva et se mit à hurler.

"Eh bien écoute-moi attentivement, Ronald Weasley! Je change si je veux, quand je veux, sans prendre en compte tes désirs farfelus!"

"Très bien, de toute façon ça te vas pas!" vociféra Ron qui se mit debout, attrapa son sac et, leur tournant le dos, se dirigea vers la sortie.

Hermione lui jeta un regard noir et s'assit, consciente que tous les yeux de la salle étaient posés sur elle et qu’à certains endroits, des rires fusaient. Un peu plus loin, les jumeaux se mirent à l'applaudir en sifflant et en criant son nom. Elle se sentait rougir furieusement. Harry, qui essayait vainement de ne pas rire lui aussi, mit un bras réconfortant autour de ses épaules.

"Tu es sûr que ça va?" lui demanda-t-il, un léger sourire en coin.

"Grrr, il est tellement immature! Il réagit comme si je dois rester telle qu'il m'idéalise pour toujours! Oh Harry, je sais plus quoi faire…"

"Il t'aime beaucoup, tu sais…"

"Oui et c'est ça qui est embêtant. Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas tout simplement être amis comme avant? Ça nous éviterait bien des problèmes!"

"Hélas les choses ne se passent pas comme ça. Il aimerait que tu restes comme il t'a toujours connue, et toi tu voudrais te voir autrement. Tu aimerais qu'il cesse de t'aimer plus qu'en amie, et lui, il lui est physiquement et moralement impossible du contraire. On ne peut pas désaimer quelqu'un comme ça d'un jour à l'autre…et je te défends de lui faire du tort exprès pour qu'il ne t'apprécie plus!"

"Et voilà, tu prends son parti, comme toujours…"

Harry la regarda, désespéré. Décidément il ne comprendrait jamais vraiment les filles. Il essayait tout simplement de lui expliquer comment étaient les choses, et voilà qu'elle se mettait à avoir de fausses idées.

"Mais non… je trouve qu'il a eu tort d'agir ainsi et j'essaierai de lui parler pour le raisonner. Mais toi, tu as tort d'être aussi dure avec lui…Pour le maquillage, ne t'inquiètes pas! Moi je te trouve très jolie comme ça!"

Hermione lui sourit. Elle savait très bien qu'il disait cela en temps qu'ami, et elle lui en était reconnaissante. Si il n'avait pas été son meilleur ami, elle en serait probablement tombée amoureuse depuis longtemps. Elle rangea son livre dans son sac qu'elle mit sur son épaule.

"On se voit au cours de potions dans 10 minutes!" dit-elle à Harry.

Puis elle quitta la Grande Salle. Elle voulait arriver en avance au donjon qui tenait lieu de salle classe de potions, car elle s'était jurée qu'elle ferait tout pour que Rogue ne l'embête plus, et la première chose sur sa liste, c'était de ne pas arriver en retard. Elle prit le petit escalier sur sa droite, dans le Hall d'Entrée et commença sa descente. Juste au moment où elle débouchait dans le petit couloir souterrain qui menait en classe, elle entendit un bruit de frottement de tissu derrière elle.

"Alors Granger, on a des petits problèmes avec son amoureux?"

Chapitre 3: Dans un élan de force bestiale

Draco ricana quand Hermione sursauta et se retourna d'un bond. Il pouvait avoir un de ces effets sur les personnes sensibles. C'était vraiment pathétique cette expression de dégoût affiché sur le visage de la Gryffondor, typiquement Potter, comme si le 'Trio des Zéros' répétait tous les soirs devant un miroir pour pouvoir continuellement afficher les mêmes mines.

"Tu racontes n'importe quoi! Je ne sors pas avec Ron!"

"Ah, maintenant c'est le tour de Potter? C'est vrai qu'ils passent leur temps à te partager…peut-être même en profitent-ils ensemble quelques fois…"

"La ferme Malfoy!"

"Franchement Granger, après toutes ces années, tu peux même pas t'aventurer à m'insulter proprement? T'as trop peur que tes Moldus de parents te grondent si tu dis quelque chose de vulgaire?"

"Et tes parents à toi? Encore en train de fureter avec leur groupe de Mangemorts? Qu'est-ce que t'attends pour aller les rejoindre!!!!"

Draco eut soudain une idée: même si ça lui déplaisait de devenir Mangemort, il pouvait toujours faire croire à cette Mudblood (sang-de-bourbe) qu'il en était déjà un…

"Peut-être que je n'ai pas besoin d'attendre…"

Jubilant intérieurement à l'effroi qui se peignait sur le visage d'Hermione, il la poussa violemment de côté et rentra dans la classe. Ignorant le bruit sourd de la tête de Granger heurtant le mur et son cri étouffé, il s'assit calmement à sa place et salua Rogue d'un regard. Les autres n'allaient pas tarder et Potter, le voyant seul dans la classe et mettant deux et deux ensemble, se verrait incapable de venger la Mudblood de peur que Rogue le chope et le mette en retenue. C'était délicieusement agréable de pouvoir les tourmenter. Draco sortit ses affaires et les disposa dans un ordre régulier, du plus petit au plus grand, devant lui, sur son pupitre. Il aimait que tout soit droit et aligné, même si c'était son père qui lui avait transmit cette obsession. Tandis qu'il s'amusait à essayer de faire tenir son stylo debout sur sa gomme, les autres élèves, Serpentards et Gryffondors, commencèrent à prendre leurs places habituelles autour de lui. Crabbe et Goyle le rejoignirent et Draco cessa de tripoter ses affaires, conscient que ses deux 'copains' (plutôt gardes du corps à son avis) pouvaient rapporter à son père qu'il s'adonnait à des jeux de Pouffsouffle. Granger rentra la dernière, accompagnée de Potter qui la tenait par le bras et Draco fut satisfait de voir que sa chute lui avait valu une blessure sanglante au front. Étrangement, la vue du liquide pourpre s'émanant de l'entaille et son contraste contre la peau pale d'Hermione le calmait. 'Peut-être que comme ça, elle aussi, elle aura une cicatrice…' Quelques secondes plus tard, la voix de Rogue le tira de sa rêverie.

"Aujourd'hui vous allez essayer de produire l'Élixir de Rajeunissement dont les ingrédients se trouvent listés à la page 237 de votre manuel. Notez qu’à la fin de la leçon, les mixtures seront testées, et qu'un seul faux mouvement de votre part pourrait avoir des conséquences désastreuses… N'est-ce pas, Londubat?" dit Rogue en jetant un regard malicieux au garçon qui tremblait.

Étonnement, Draco ne se sentit pas rire. Il était las des formes d'amusements de Rogue; toujours à s'acharner sur quelqu'un qui n'aurait pas le courage de rétorquer. Tourmenter Granger et les autres était beaucoup plus drôle, eux au moins ils tentaient vainement de lui résister. Draco prit son livre et l'ouvrit à la page indiquée. La liste des ingrédients était assez longue:
- 3 cils de salamandre – 20 langues d'homard tacheté (couper en lamelles) – 500 gr. de poudre de lune – 1 litre de sang d' Augurey – 2 cornes de Graphorn (réduire en poudre – n'en gaspiller sous aucun prétexte) – 18 yeux de mouche des Indes – 2 dl d'huile de menthe enchantée – 1 plume de jeune phénix. Mélanger le tout dans un chaudron d'eau frémissante et laisser reposer pendant 30 minutes.
'Bon, ça ne devrait pas être trop compliqué,' pensa Draco en se dirigeant vers la table ou étaient posés la plus part des ingrédients.

"Les cornes de Graphorn se trouvent dans l'armoire, au fond de la classe. Vous n'en avez droit qu'a deux par personne, si vous faites une erreur, il vous faudra boire la potion telle qu'elle est! Je me fiche des conséquences!"

Draco ramassa ce dont il avait besoin sur la table et retourna à sa place. Il irait chercher les cornes en dernier. Tandis qu'il commençait à couper ses langues de homard en lamelles, il observait Granger du coin de l'œil. Elle était assise entre Potter et Finnigan et tous trois semblaient plongés dans une discussion animée. Weasley était absent, probablement dans son dortoir en train de se remettre des vannes qu'il avait reçues au petit déjeuner. Rogue ne serait pas content du tout d'apprendre que quelqu'un (surtout un des acolytes de Potter) séchait son deuxième cours de la rentrée. Draco s'en foutait, il était trop occupé à étudier le ménage de la Gryffondor. Sans doute sans même s'en rendre compte, Hermione touchait sans arrêt du bout des doigts sa blessure sur le front, si bien qu'au bout d'un moment, Potter, qui lui avait aussi du le remarquer, lui prit la main et la posa sur la table, tout en lui disant d'arrêter. Elle avait sans doute du oublier que la plaie se trouvait là et la mention de Potter la fit jeter un regard noir à Draco, qui lui rendit la pareil avec un sourire méchant dont lui seul avait le secret. Elle marmonna 'je me vengerai!' avant de retourner s'occuper de sa potion. Draco l'observa encore un moment, puis, avec un petit rire qui tira Crabbe et Goyle de leur torpeur, il ajouta ses lamelles de homard à sa propre concoction.

"Malefoy, tu veux bien nous aider, on n'y arrive pas!" grogna Goyle.

'Ce mec a vraiment l'allure et le QI d'un troll,' pensa Draco, mais il se tourna quand même vers lui.

"Tu fais ce que la liste te dit de faire, c'est tout! À moins que tu ne saches même plus lire?"

Heureusement pour Draco, Goyle ne distingua pas son sarcasme et se contenta d'émettre un son guttural en empilant les ingrédients dans sa marmite. Tristement, dans un élan de force bestial, les 3 cils de salamandre furent pris dans le courant d'air du geste de Goyle et vinrent se loger sur le plancher du donjon où ils furent ensuite piétinés par de nombreux élèves aux cours des prochains mois. Goyle, qui croyait les avoir mis, n'y vit que du feu et continua sa potion. Draco ayant fait presque terminé la sienne, se dirigea vers l'armoire où se trouvaient les cornes de Graphorn. À mi-chemin, sans qu'il s'en aperçoive à temps pour l'éviter, un pied se tendit en travers de son chemin et il se retrouva très vite face contre terre, un de ses genoux lui faisant terriblement mal. Sous les rires des Gryffondors, il se releva en titubant pour se retrouver nez à nez avec une Granger au visage triomphant.

"Ça ne sert à rien d'avoir de grands airs si on n'a pas d'équilibre!"

"Toi, je te conseilles de faire attention à ce que tu dis…"

"Qu'est-ce que tu pourrais bien me faire? Tu appellerais ton père parce que tu es trop lâche pour te défendre toi-même?"

Là, elle avait touché un point sensible. Perdant tout contrôle de son corps, Draco ramena son poing en arrière et lui administra une gifle monumentale, sa main laissant une marque rouge vif sur la joue de la jeune fille. Il se passa une fraction de seconde ou le Serpentard put lire une lueur de peur dans les grands yeux bruns en face de lui, puis, ce fut comme si une masse puissante le frappait en plein ventre et il fut projeté en arrière contre le mur de pierre froide. Il s'effondra à genoux quand essayant vainement de regagner sa respiration, quelqu'un lui balança un coup de pied dans les côtes. Il entendit au loin une voix qui hurlait quelque chose, puis un bras le saisit autour du torse et le releva. Sa vue, troublée par la violence des coups, se réajusta et il vit Rogue qui retenait Potter par les épaules. C'était apparemment lui qui l'avait tapé.

"Ça suffit Potter! Puis-je savoir pourquoi vous avez frappé Mr Malefoy sans raison apparente?"

"Cette sale fouine a giflé Hermione! Regardez, elle saigne!"

"Elle m'a provoqué," rétorqua Draco, qui finissait par retrouver ses forces.

"50 points de moins à Gryffondor pour attaque non justifiée sur un camarade de classe, Potter, vous n'aviez qu’à pas vous en mêler. Quand à vous, bien que je ne voie pas la différence entre ce sang et votre hideux maquillage Granger, vous irez tous deux en retenue. Oui, vous aussi Malefoy!"

Le visage de Draco affichait une expression dangereuse, mais Rogue, qu'il s'en fut aperçu où non, l'ignora. Il retourna à son bureau et annonça que la classe était finie et qu'ils complèteraient leurs potions la prochaine fois. Les élèves se dépêchèrent de quitter la salle et tandis que Draco s'apprêtait à faire pareillement, il entendit Rogue l'appeler:

"Mr Malefoy, j'aimerais vous parler une minute."

Draco marmonna qu'il n'avait pas que ça à faire, mais s'approcha quand même du bureau de son professeur.

"Je suis désolé de devoir vous mettre en retenue, mais votre père m'a informé qu'il ne tolérerait plus aucun favoritisme de ma part envers votre personne. Il semble penser qu'il vous faut apprendre combien la vie est dure et injuste."

'Ça je le sais déjà,' pensa Draco, mais il se tut.

"Ta retenue avec Granger aura lieu samedi à 8 heures. Vous nettoierez la salle des maîtres…"

Soudain, Rogue saisit sa baguette magique et pendant un court instant Draco crut qu'il allait lui jeter un sort, mais le professeur se contenta de fermer la porte pour qu'ils ne puissent pas être entendus.

"J'ai appris que tu allais recevoir la Marque à Noël… est-ce bien vrai Draco?"

Ce dernier fut surpris d'entendre Rogue prononcer son nom et le tutoyer, mais il ne laissa rien paraître, se contentant de hocher la tête.

"J'espère seulement que Lucius sait ce qu'il fait…"

Draco sursauta légèrement à ces mots. Est-ce que Rogue doutait, comme lui, des actions de son père? Il avait très envie en ce moment là de révéler son plan de trahison à son professeur, mais n'en fit rien, car celui-ci pouvait après tout très bien tout raconter à Voldemort et Draco serait alors condamné.

"C'est tout ce que vous vouliez me dire, professeur?"

"Oui… ne sois pas en retard samedi!"

Draco se retourna et partit. Le comportement de Rogue était très étrange… Il fallait qu'il l'étudie de près au cours des prochains mois… Granger, il s'en occuperait samedi, quand Potter ne serait pas là pour la protéger…

Chapitre 4: Un hoquet de frayeur

Hermione quitta le donjon de Rogue en se tenant la joue. Elle entendit Harry l'appeler, mais elle l'ignora et fonça tout droit à l'infirmerie. 'Le sale…' mais elle n'arrivait pas à trouver de mots assez forts pour insulter Malefoy. 'Il a osé me frapper! Normalement les garçon, même si ça déteste les filles, ça ne les frappe pas par principe de courtoisie…Ah oui, mais c'est vrai, Draco Malefoy n'est pas un garçon normal, c'est un monstre!' Elle déboula en trombe dans la pièce, faisant sursauter Madame Pomfresh, qui s'exclama:

"Miss Granger, que vous arrive t'il?"

"Je saigne à la joue…"

"Ça je le vois bien, mais comment est-ce arrivé?"

"Je me suis blessée au cours de potions."

Elle n'avait aucune envie de rentrer les détails avec la matrone, qui irait sûrement tout cafeter en salle des maîtres… ça suffisait amplement si tout son cours de potion savait, et avec un peu de chance (pour faire un peu d'ironie) la totalité des Serpentards serait aussi mise au courant avant l'heure du déjeuner. Pomfresh soupira et s'appliqua à lui tartiner une crème cicatrisante sur le visage.

"Qui sait combien de fois j'ai dit au professeur Rogue de travailler prudemment et de changer de salle de classe, mais non, il faut qu'il reste entêté et qu'il garde son donjon froid et humide… et il se fiche si ça provoque des accidents…"


Hermione n'écoutait que d'une oreille. Tout le monde savait qu'a force d'avancer dans l'âge, l'infirmière radotait de plus en plus, et de toute façon elle avait autre chose dans la tête: comment elle allait s'y prendre pour se venger de Malefoy. Il fallait le faire discrètement cette fois, pour qu'aucun professeur ne le remarque, mais il fallait frapper fort. 'L'extraordinaire fouine bondissante mérite qu'on lui cloue le bec une bonne fois pour toute!' se dit-elle en quittant l'infirmerie.
Grâce aux soins de Pomfresh, la blessure avait disparu tout de suite et Hermione se hâta de rejoindre son cours de Runes Anciennes. C'était la première leçon de l'année, et Hermione fut surprise de trouver une jeune femme vêtue d'une robe de sorcier lilas assise au pupitre, au lieu de son professeur habituel. Essayant d'être le plus discret possible, elle se glissa dans la chaise à côté de Susan Bones et lança à sa voisine de table un regard interlocuteur, mais avant que Susan ait eut le temps d'ouvrir la bouche, la femme redressa la tête et lui sourit.

"Bonjour, Hermione Granger c'est ça? Je suis Maurane Valence, le nouveau professeur de Runes Anciennes. Comme je l'ai expliqué tout à l'heure, professeur Fercante a pris sa retraite l'année dernière et c'est moi qui ai pris la relève…"

Avec un demi sourire un peu gêné Hermione hocha la tête, sortit son manuel et se mit au travail. Les étranges tracés que formaient les lettres archaïques la réconfortaient quelque peu, et, au bout d'un moment, elle se surprit en train d'observer Maurane Valence. Elle semblait assez jeune, Hermione ne lui donnait pas plus de 25 ans, et avait des cheveux rouges très foncés, virant presque au brun. Ses yeux étaient d'une couleur d'anthracite et contrastaient fortement avec sa peau au teint de lait. Hermione la trouvait très belle, allant même jusqu'à l'envier et imaginer comment ce serait d'être cette autre personne si parfaite, avant de se replonger dans sa traduction. Elle eut vite fini, et attendit patiemment que les autres terminent, tout en s'avançant dans ses devoirs pour le jour suivant. À la fin du cours, lorsqu'elle s'apprêtait à aller manger, professeur Valence l'interpella:

"Hermione, je pourrais te parler un instant?"

"Bien sûr…"

"Je t'ai observée en classe et tu sembles très avancée par rapport à tes camarades. Le travail que j'ai donné n'était pas des plus simples et tu l'as complété avec 20 minutes d'avance. Je me demandais si des cours particuliers t'intéresseraient… ce serait dommage de rater une occasion pareille…"

"Oui ça me plairait bien, les Anciennes Runes sont une branche fascinante! Mais je les prendrais quand, ces cours?"

"Je pourrais te donner des leçons privées tous les vendredi soirs, si tu n'as pas trop de devoirs à faire…"

"D'accord! Les devoirs ne sont pas un problème, je m'y prendrai à l'avance, si jamais."

"Parfait! Nous commencerons ce vendredi dans cette salle à 8 heures. Tâche d'être à l'heure…"

"Merci professeur…"

Elles se sourirent un instant, cette fois Hermione avec plus d'assurance, puis cette dernière quitta la pièce. En entrant dans la Grande Salle, elle vit quelques idiots de la bande à Malefoy lui lancer des ricanements mauvais, mais elle les ignora et alla s'asseoir à côté d'Harry. Après deux bouchées de tarte à la viande, elle remarqua quelque chose d'étrange.

"Tu sais où est Ron?" demanda t'elle à Harry.

"Non, il étais ni au cours de Potions, ni au cours de Divination…il faut le laisser bouder, tu sais."

"Oh, si c'est à cause de ce matin, ce n'est pas la peine. Si il ne se montre pas en Métamorphose, j'irai lui dire deux mots, moi, après les cours! Ça ne sert à rien qu'il se comporte comme ça!"

"Hermione, je t'aurai prévenue, ne sois pas trop cruelle…"

Hermione leva les yeux au plafond, soupira et recommença à manger.

"Au fait, comment va ta joue?" la questionna Harry.

"Ma joue se porte à merveille, il y a juste partout ailleurs que ça cloche…"

"Ne dis pas de conneries! Tu semblais pourtant toute souriante en arrivant ici…"

"Oui, j'ai reçu une offre de cours supplémentaires en Runes Anciennes… ça commence vendredi soir…"

"Ah ben tu vois! Y a pas de quoi te plaindre…"

"Mouais…" marmonna Hermione, "mais il faut aussi que je trouve un bon moyen de me venger de Malefoy…"

Harry eut soudain un léger sursaut, comme si on lui avait fait peur. Pendant une fraction de seconde, Hermione crut distinguer une lueur d'appréhension dans les yeux verts de son ami, mais en conclut rapidement que c'était un effet secondaire de la bagarre de ce matin.

"Je sais pas si c'est une bonne idée, Hermione…"

"Et pourquoi? T'as pourtant vu ce qu'il m'a fait?"

"Oui et je l'ai tabassé, si ça t'avait échappé…" Harry semblait un peu en colère, maintenant, "mais je crois que ça suffira, comme punition…"

"Je croyais que tu n'en manquais jamais une pour lui en faire voir de toutes les couleurs?"

"Oui, je sais bien, mais là c'est différent. Malefoy n'est pas quelqu'un qui réfléchit à 2 fois avant de faire du mal…"

"C'est parce que je suis une fille, hein? Parce que je ne sais pas me défendre! Franchement je te croyais plus intelligent que ça!"

Pour la deuxième fois dans la journée, elle se leva de table et quitta la Grande Salle en furie. Hermione se dirigea tout droit vers la tour de Gryffondor, faisant claquer ses souliers sur le sol de marbre. Elle allait parler à Ron, même si ça signifiait manquer le cours de McGonagall et se faire enguirlander. Ignorant le règlement qui interdisait aux filles de s'aventurer dans le dortoir des garçons, elle ouvrit la porte des 5ème années et entra en trombe dans la pièce ronde. Elle repéra vite le lit de Ron (celui aux rideaux fermés) et l'appela au cas où il serait en train de dormir en petite tenue (les garçons ont parfois de drôles d'habitudes). Personne ne répondit. Elle ressaya mais sans succès, rien ne bougeait, même pas le rideau, alors elle prit son courage à deux mains et tira le pan de velours rouge. Ce qu'elle découvrit lui fit surgir à la gorge un hoquet de frayeur: à environs 20 centimètres du lit flottait une tête dotée d'une langue en serpent. La Marque des Ténèbres illuminait la pièce d'un halo vert sombre…

Chapitre 5: Une bonne fois pour toutes

Pendant le reste de la semaine, Draco ne croisa Hermione que très peu, et de toute façon, il s'en foutait. Elle ne perdait rien pour attendre, la petite Mudblood, et de toute façon il s'était décidé à la laisser souffrir de la disparition de son Weasley chéri, du moins jusqu'à samedi. Apparemment, c'était Granger même qui avait découvert la Marque des Ténèbres flottant au dessus du lit du rouquin, ce même lundi où ils s'étaient bagarrés, Draco et elle, et les trois quarts de l'école étaient accablés par cette perte. Seuls les Serpentards ricanaient dans leur coin, imaginant toutes les horreurs que le Gryffondor était probablement en train de subir aux mains des Mangemorts, car c'était évident que Voldemort avait fait le coup. Lucius ne lui avait rien envoyé à ce propos, mais Draco supposait qu'il ne s'agissait qu’une question de temps et de formalités…
Ça avait beau être la 2ème semaine des cours, les profs les accablaient déjà de devoirs et Draco se retrouva seul le vendredi soir, dans la Salle Commune des Serpentards, peinant sur un exercice de Métamorphose. Qu'est qu'elle pouvait être chiante, la McGonagall, quand elle voulait! 5 pages de questions à faire pour lundi et il fallait que tout ça soit copié au net!!! Grrr… Il était 11 heures, et ses paupières tombaient lentement de sommeil, l'empêchant de continuer son travail. 'C'est trop bête!' se dit-il, prêt à s'effondrer dans le fauteuil et à ronfler ainsi jusqu'au matin, quand il sentit une main se glisser autour de ses épaules. Se retournant brusquement, il se trouva face à Pansy, qui s'était postée sans bruit derrière lui.

"Tu ne devrais pas travailler si tard, Draco, c'est mauvais pour la santé!"

"Ah c'est nouveau ça, tu t'inquiètes de la condition des autres maintenant!"

Il ne se sentait vraiment pas d'humeur à supporter ses flirts d'adolescente dérangée ce soir là. Il feignai de se lever, mais se retrouva aussitôt plaqué au fonds de son siège, Pansy le tenant fermement par les épaules. Conscient qu'il était parfaitement capable de l'empoigner, de la plaquer au sol et d'en finir avec elle tout de suite, il se laissa faire, un peu par amusement et curiosité de ce que la jeune fille pouvait encore inventer.

"Non, cette fois tu restes! Ce n’est pas la peine de faire du sarcasme avec moi! Tu sais très bien ce que je veux et toi tu le veux aussi, je le vois dans ton regard!"

"Dans tes rêves, Parkinson, dans tes rêves…"

"Ton père ne t'as donc rien dit? Moi qui croyais qu'il te mettait au courant de tout, en particulier de ce qui te concerne directement…"

"De quoi tu parles?"

"De notre union, bien sûr! Nos familles se sont arrangées sur le sujet depuis des lustres, tu ne savais donc rien?"

Draco fronça les sourcils. C'était tout à fait Lucius, ça, de faire des trucs pareils derrière son dos! Il aurait quand même pu lui en parler, non? 'Et dire que je vais devoir me la coltiner à vie, celle-là…mais… attends…ce n'est peut-être que…' Il jeta un regard inquisiteur à Pansy et se gifla mentalement d'avoir été aussi bête.

"Tu te crois franchement capable de me faire avaler ça?"

Pansy prit un air de faux indignement, mais renonça après 2 secondes et s'assit sur les genoux de Draco, pour l'empêcher de bouger. Jamais il ne l'aurait admit pour rien au monde, mais il trouvait ça assez agréable, bien qu'elle fût un peu lourde. Sans qu'il s'en rende vraiment compte, ses bras s'enroulèrent autours de la taille frêle de la Serpentard et il l'attira à lui.

"Tu vois que tu peux être doux quand tu veux!"

Draco sursauta légèrement, un sourire machiavélique se dessinant sur ses lèvres. Pour peu, on l'aurait pris pour un vampire venant d'attraper une proie longtemps convoitée. Empoignant Pansy, qui lâcha un petit cri de surprise, il la mit sur son épaule et la traîna jusqu'au divan de l'autre côté de la pièce faiblement éclairée. Il la déposa brusquement sur les coussins en velours vert et se pencha sur elle, tout en prenant garde de ne pas trop la toucher. Il lui prit les poignets dans une main et les maintint au dessus de sa tête, tandis qu'il approchait son visage du sien.

"Sache qu'un Malefoy n'est jamais doux!"

Et il pressa ses lèvres contre celles de sa victime, oubliant qui elle était, s'oubliant lui-même et les résolutions qu'il avait fais de ne jamais céder aux caprices de la jeune fille. Sentant Pansy se débattre un peu, il appuya plus fort, comme pour lui faire comprendre une bonne fois pour toutes qu'elle pourrait regretter ce qu'elle demandait, s'il se laissait aller. Il lui mordilla un peu les lèvres, faisant naître un mince filet de sang pourpre qui coula le long de sa mâchoire jusque dans son cou. Draco abandonna la bouche de la jeune fille un instant pour absorber le sang à coups de légers baisers et cala sa main libre sur la hanche de Pansy. Cette dernière respirait lourdement, encore étourdie et suffoquée par la rudesse du jeune homme, et tentait désespérément de se dégager. Draco passa ses doigts en dessous du pull de coton, s'appliquant à la chatouiller au passage, et commença à remonter avec une lenteur agonisante.

"Non, arrête!" murmura Pansy, effarée.

Pendant un instant, ses longs cheveux noirs avaient semblés prendre une teinte de chocolat étrangement familière, mais Draco attribua cela à la lueur du feu qui brillait dans l'âtre.

"T'as de la chance, j'aurais très bien pu aller plus loin, sans prendre en compte tes protestations!"

Il la lâcha tout de suite et se rassit dans son fauteuil, prenant son air de maître des lieux et lui lançant un de ces sourires intimidants dont lui seul avait le secret. Pansy se recroquevilla sur elle même, ramenant ses jambes devant elle, comme pour se protéger quelque peu. Elle semblait contrariée, et tout deux restèrent un moment à se regarder en silence.

"Tu n'aurais pas du faire ça…" dit-elle au bout de dix minutes.

"Tu l'as cherché, je te signales!"

Pour une fois, elle ne le nia pas, et détourna les yeux pour contempler les flemmes rougeoyantes.

"N'oublie jamais ce qui s'est passé, Pansy, ou je pourrais recommencer…ce dont ni toi ni moi nous n'avons envie, n'est-ce pas?"

Elle hocha la tête, son regard toujours perdu ailleurs. Soupirant, Draco se leva et regagna son dortoir, laissant Pansy seule. Au moins, elle ne l'ennuierait plus, comme ça. Il suffisait parfois d'une grosse frayeur pour se débarrasser de quelqu'un, même si pour ça il fallait aller jusqu'à faire l'impensable. Il avait ressentit une certaine satisfaction, à la deviner vulnérable, se débattant sous lui tout en sachant que le combat était perdu d'avance. Si ça avait été quelqu'un d'autre, il aurait sûrement recommencé, peut-être un peu plus gentiment cette fois et s'aventurant un peu plus loin, au risque de prendre une claque.
Draco se déshabilla rapidement (laissant quand même l'essentiel: un caleçon en soie noire) et se mit au lit. Tant pis pour son devoir de Métamorphose, il le terminerait demain, avant d'aller en retenue. Ah oui, il l'avait presque oubliée, celle-là! Il n'avait pas encore trouvé comment il allait faire payer à Granger, mais étant trop fatigué, il décida qu'il improviserait sur le coup quand il y serait, et s'endormit.
Il rêva qu'il se trouvait au centre d'un cercle formé d'ombres noires. Il reconnaissait certains Mangemorts, mais tous les contours étaient flous. Aux lieux des visages et des masques, il n'y avait que des brouillards gris. Il sentait qu'on pressait quelque chose de chaud sur son avant-bras gauche, qui le brûlait à l'agonie. Baissant les yeux, il vit la pointe d'une baguette, d'où jaillissait un dessin, un tatouage, formant un serpent sortant de la bouche d'un crâne. La baguette appartenait à Voldemort, qui lui souriait d'une bouche sans dents et qui le regardait à travers deux orbites vides. Draco se mit à hurler, tentant de s'échapper de ce monde sans couleur ni émotions, et se mit à courir dans un long tunnel sombre qui venait de se matérialiser près de lui. Au fond de ce tunnel brillaient deux yeux marron remplis de peur et de douleur, douleur qu'il sut qu'il avait causée. Il les avait presque atteint, prêt à les consoler, quand il se réveilla brusquement, se demandant ce qu'il faisait assit dans son lit. Après quelques minutes, il se recoucha sur le côté et se dit: 'ce n'est qu'un stupide cauchemar!' avant de se replonger dans le sommeil et de l'oublier à jamais…

Chapitre 6: Une envie de faire quelque chose de défendu

Hermione se réveilla tôt le samedi matin avec le cœur lourd. Ça faisait bientôt une semaine que Ron avait disparu et elle se rendait responsable de ce qui lui était arrivé. Après tout, s'ils ne s'étaient pas bagarrés, Ron serait allé en cours et pas dans sa chambre… Personne n'avait de nouvelles de lui, aucune lettre n'avait été envoyée à son sujet. Voldemort attendait sans doute qu'Harry se lance à la rescousse de son meilleur ami, pour ensuite les tuer tout les deux dans un combat inégal et injuste…

"Hermione, il est 7 heures et on est samedi, rendors-toi!" fit la voix ensommeillée de Parvati, lorsque le réveil d'Hermione sonna.

"Non je crois que je vais aller à la bibliothèque…" murmura l'intéressée, mais Parvati ne l'écoutait pas, s'étant déjà rendormie.

S'habillant en vitesse, Hermione dévala les escaliers qui menaient à la Salle Commune en un temps record. Au moment où elle allait sortir, elle aperçut quelqu'un du coin de l'œil. Sans bruit, elle se retourna et découvrit Harry qui dormait à poings fermés sur un des canapés. Elle eut un sourire triste en se rendant compte qu'il y avait passé la nuit sans couverture, probablement pour penser à Ron en paix. Ses lunettes avait glissé parterre et une mèche de cheveux noirs recouvrait sa cicatrice et tombait pardessus ses yeux. Hermione s'approcha, se mit à genoux et lui dégagea le front. Son visage portait un expression de trouble profond, comme si même dormir lui était douloureux.

"Tout va s'arranger, tu verras…" dit-elle, plus pour elle-même que pour qui que ce soit d'autre.

Harry ne bougea pas, mais ses traits se relâchèrent un peu, comme s'il avait entendu ses paroles. Hermione le trouvait beau comme ça, si innocent, si fragile, portant la douleur du monde des sorciers sur ses épaules. Elle lui caressa la joue du bout du doigt, lui chuchotant de ne pas s'inquiéter; Dumbledore trouverait bien un moyen de sauver Ron. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux, et posant sa tête sur l'épaule de son ami, pleura silencieusement.

"Hermione? Qu'est-ce que tu fais là?"

Hermione sursauta, essuyant en vitesse l'eau qui coulait sur ses joues.

"Oh, je descendais à la bibliothèque quand je t'ai vu… désolée de t'avoir réveillé…"

"C'est pas grave," bailla Harry, qui se redressa, étendant ses membres engourdis.

Hermione s'assit à côté de lui, son corps encore agité de petits sanglots.

"Viens… pleures pas…"

Harry la prit dans ses bras et lui demanda qu'est-ce qui n'allait pas. Elle lui raconta tout, sa peur de ce qui pouvait bien arriver à Ron en ce moment, que ce qui était arrivé c'était sa faute et enfin qu'elle redoutait que lui, Harry, ne fasse quelque chose de stupide.

"D'abord, c'est pas ta faute! Voldemort aurait trouvé autre chose de toute façon… et je n'ai nullement l'intention d'aller me jeter dans un piège! Certes, Ron à besoin d'aide où qu'il soit, mais on doit avant tout établir un plan…"

"Tout ça veut dire que la guerre commence, n'est-ce pas?" dit Hermione d'une petite voix.

"La guerre entre la magie blanche et la magie noire n'a jamais cessé d'exister, Voldemort ne fait que l'amplifier. Il faudra se tenir prêts, le moment venu… Au fait, comment c'est passé ton cours de Runes Anciennes, hier soir?"

"J'y suis pas allée. Professeur Valence à dit que vu la disparition de Ron, il valait mieux que je reprenne mes esprits avant qu'on entame le travail. La leçon est reportée à la semaine prochaine."

"Je crois qu'elle a raison…"

Les deux restèrent en silence un moment, laissant le sommeil les quitter définitivement et réfléchissant à diverses choses. Puis Hermione se leva en s'excusant, embrassa Harry sur la joue et partit pour la bibliothèque. Celle-ci était déjà ouverte quand elle y arriva, mais semblait déserte. 'Ça c'est étrange,' pensa Hermione, 'c'est comme si quelqu'un savait que je venais...' Elle fouilla dans les rayons à la recherche de quelques livres intéressants sur les Runes mais n'en trouva que très peu, et ceux-là elle les avait déjà lus. Soudain, son regard accrocha sur un gros volume de cuir vert placé tout au fond de la pièce, à côté de la section interdite. Les caractères imprimés en doré sur la tranche s'étaient presque effacés au gré du temps, mais Hermione put déchiffrer "Le Manuel des Sorts de Combat". Elle regarda autours d'elle pour vérifier qu'il n'y avait vraiment personne (bien qu'en principe elle avait le droit de prendre le livre) et l'arracha à l'étagère. S'asseyant à une table, elle l'ouvrit à la table des matières:

"Préface, Sorts de défense, Sorts de blocage, Techniques de duel… tiens, ça pourrait être utile ça: Sorts d'attaque…"

Elle tourna jusqu'à la page indiquée et se mit à lire:

"Les sorts d'attaque nécessitent une maîtrise parfaite de la baguette en matière de duel et de défense, et il est recommandé de n'en faire usage que lors de combats sérieux où l'adversaire a beaucoup de chances de vaincre. Voici une liste des sorts les plus bénins:
-Strangulum: sort d'étranglement léger, les effets se dissipent après une minute.
-Averiosa: projette l'adversaire assez haut dans les airs puis le relâche, de façon à ce qu'il s'écrase parterre.
-Nebuélis: transforme l'adversaire en bloc de glace."

La liste s'étendait sur les 2 pages suivantes, et Hermione s'appliqua à apprendre plusieurs sorts. Ensuite venaient les sorts dangereux, que l'auteur déconseillait de n’utiliser sous aucun prétexte:

"-Sabernicum: la baguette envoie des couteaux sur l'adversaire.
-Fiamaeclate: une boule de feu (ou d'électricité selon les personnes) se forme dans la main de celui qui prononce le sort, boule qu'il peut ensuite lancer sur son adversaire.
-Endoloris: une des trois Sortilèges Impardonnables, celui de douleur.
-Erebus Corpus: provoque une mort lente, est moins efficace que l'Avada Kedavra."

Hermione eut un frisson d'horreur en se rendant compte que n'importe qui parmi les élèves pourraient apprendre les Sortilèges Impardonnables, s'ils découvraient ce livre. Il appartenait sûrement à la section interdite et avait été laissé là par erreur… Mais piquée d'une envie de faire quelque chose de défendu qu'elle ne se connaissait pas, elle mémorisa quand même quelques sorts dangereux, avant de refermer le bouquin et de le reposer à sa place sur l'étagère.

"Bon, le petit déjeuner doit être servi, à l'heure qu'il est," se dit-elle, en quittant la bibliothèque.

Elle rejoignit Harry dans la grande salle, et se servit copieusement. Si elle voulait affronter une nouvelle journée où l'absence de Ron se ferait cruellement ressentir, il lui fallait des forces.

"Tu viens à Pré-au-Lard cet après-midi, Hermione?"demanda Harry.

"Quoi? Mais c'est pas ce week-end…"

"Bien sur que si! Aller, ça te fera beaucoup de bien!"

Hermione lui sourit et fit oui de la tête. Elle avait complètement oublié qu'en 5ème année ils avaient le droit de sortir à Pré-au-Lard un week-end sur deux. Elle finit de manger en bavardant avec Harry de ce qu'ils allaient faire.

En début d'après-midi…

"Tu viens Harry? C'est bientôt l'heure d'y aller…"

"Ouais, j'arrive, attends une seconde…"

Hermione s'impatientait dans la Salle Commune des Gryffondors, et bien qu'elle y soit allée plusieurs fois, elle se réjouissait de sortir du château et d'aller au village. Les deux amis quittèrent Poudlard vingt minutes plus tard, respirant l'air frais qui annonçait déjà l'automne. Ils entrèrent d'abord aux Trois Balais pour boire une Bièrraubeurre, avant d'aller chez Zonko et Honeydukes et les autres magasins habituels. Ils passèrent un après-midi excellent, réussissant par moments à chasser tout malheur de leurs esprits. C'était dur, car ils auraient bien voulu que Ron soit là pour savourer cette rare liberté avec eux, mais il fallait faire sans pour cette fois. Ayant le droit de dîner au village, ils mangèrent dans un petit restaurant appelé Chez Merlin avant de reprendre la direction du château, marchant sous les étoiles.

"Dis Hermione, c'est pas bientôt que t'as la retenue avec Malefoy…"

"La retenue? Merde! Il est quelle heure?"

"7 h 45, pourquoi?"

"Je dois y aller, je te retrouve en Salle Commune après, ça devrait pas durer trop long…"

Harry n'entendit pas la faim, car Hermione était déjà loin. Celle-ci s'emportait contre elle-même: "Comment ait-je pu être aussi bête? Et dire que j'ai rien préparé pour ma vengeance…c'était vraiment trop beau cette journée, il fallait qu'il y ait cette foutue retenue…" Elle courrait aussi vite qu'elle pouvait, ouvrant la porte d'entrée de l'école et grimpant à vive allure dans les étages. Quand elle arriva devant la salle des maîtres, elle était hors d'haleine, et s'adossa au mur de pierre pour reprendre son souffle. Soudain, une voix grondante la fit sursauter.

"Vous êtes en retard, Granger! Dix points de moins à Gryffondor."

Un Rogue jubilant se tenait devant elle, la main posée sur l'épaule de Draco, qui la dévisageait, un sourire sinistre pendu aux lèvres…

Chapitre 7: Quelqu'un que je ne peux pas être

Draco afficha son sourire habituel devant l'expression de colère d'Hermione, lorsque Rogue l'engueula, mais ne put s'empêcher de constater combien elle semblait épuisée… Lui même n'avait aucune envie de faire quoi que ce soit, après le terrible après-midi qu'il venait de passer. Lucius lui avait donné rendez-vous à 2 heures dans un petit pub peu connu et dissimulé aux abords de Pré-au-Lard; pour parler 'affaires', disait-il. Draco s'était senti tout drôle en allant rejoindre son père, une force intérieure lui dictant de ne pas obéir, mais le jeune homme savait très bien quelles conséquences s'en suivraient s'il daignait arriver même 10 minutes en retard. Quand il entra dans l'établissement, il s'assit seul à une table, voyant que Lucius n'était pas encore là. Ce dernier arriva pile à l'heure et commença à parler sans même avoir dit bonjour à son fils:

"J'ai reçu ta lettre la semaine dernière, Draco, et je suis fier que tu acceptes la proposition du Lord. Les opportunités sont grandes, après avoir choisi la voie de la sagesse…"

Il se pencha un peu et baissa le ton:

"Lord Voldemort est très bon envers ses fidèles, tu verras Draco. Il n'en paraît peut-être rien, mais le plus de services que tu lui rends, le plus tu monteras dans son estime et le plus tu en profiteras. Écoute et apprends, mon fils, car si tu fais bien les choses, tu vivras dans le confort jusqu'à la fin de tes jours…"

'Mais pas forcément dans le bonheur,' se surprit à penser Draco, mais il se contenta d'acquiescer, comme il l'avait toujours fait dans leurs discussions auparavant. Lucius regardait autour de lui, jetant des regards suspicieux aux quelques autres clients.

"Sortons, nous serons plus tranquilles dehors…"

'Quoi? Il va encore me faire chier longtemps avec ses histoires de sagesse débile?' Draco le suivit dehors, tout en soupirant intérieurement. Le moins de temps il passait auprès de Lucius, le mieux c'était pour ses plans et pour sa santé. Ils marchèrent un moment jusqu'à l'orée d'un petit bois où Lucius se tourna et l'empoigna violemment par les épaules. 'Ça y est, ça devait arriver…' Draco s'entoura d'une carapace mentale.

"Tu as beau prendre des airs de soumission, Draco, tu caches mal ton jeu! Si jamais tu avais l'intention de nous faire faux bond à Noël en usant de je ne sais quel moyen, les conséquences pour nous deux seraient désastreuses!"

Pour la première fois de sa vie, l'intéressé se décida à répondre et à dire ce qu'il avait sur le cœur.

"T'aurais pas pu sortir tout ça plus vite, au lieux de perdre de précieuses minutes de mon temps à m'emmerder avec tes opportunités et ton confort? Tu n'as donc aucune confiance en moi? Si je dis que je viendrai à mon initiation c'est que je le ferai! J'en ai marre de t'entendre proférer des conneries à propos de comment je te déçois! C'est toi qui te fais une idée fixe de quelqu'un que je ne peux pas être, et comme ça tu le sais, tu te venges en jouant les pères autoritaires! Eh bien moi je vais te dire, ce que t'es vraiment…"

Draco ne put finir sa phrase car Lucius lui avait envoyé une claque magistrale. Éberlué, il tomba assis parterre, tentant de reprendre ses esprits mais c'était déjà trop tard. Son père avait tiré sa baguette et la pointait droit sur Draco, qui n'eut même pas le temps de lever les bras comme maigre défense.

"Je te défends de me parler comme ça! Endoloris!"

Draco put de justesse se retenir de crier quand la douleur le frappa de plein fouet, lui coupant la respiration. Certes, Lucius l'avait souvent laissé croupir quelques jours d'affilée dans les donjons du manoir, mais il n'avait jamais usé d'un des Sortilèges Impardonnables sur son propre fils. L'agonie ne dura que quelques instant, mais Draco sut qu'elle lui laisserait une marque morale pour toujours. Ouvrant les yeux péniblement, il jeta à l'homme qui se tenait devant lui, qui paraissait presque étranger maintenant, un regard rempli de haine. Il se hissa péniblement debout et sortit sa baguette.

"Ne sois pas ridicule, Draco," dit Lucius, crachant le nom de son fils comme si s'eut été une injure, "tu sais que tu ne pourra jamais me battre. Tu n'es vraiment bon à rien, tu le sais, et c'est pour ça que tu te pliera aux ordres de Voldemort, comme ton statut d'enfant soumis te l'indique."

Draco serra les dents très fort pour ne pas cracher au visage de son adversaire. Car c'était cela que Lucius était devenu pour le jeune Serpentard; un nouvel ennemi à éliminer coûte que coûte. Il tourna les talons, ignorant l'air de supériorité qu'arborait l'être qui avait jadis été son père, et repartit vers le château. Comme il avait été nommé préfet pendant les vacances, il profita de s'isoler pendant deux bonnes heures dans la salle de bain privée. À côté du bassin aux proportions assez extraordinaires, on y avait ajouté (depuis qu'Harry était venu en 4ème année) quelques installations pour faire de la musculation. Draco se défoula un long moment sur le lourd sac de cuir qui pendait du plafond, essayant de calmer la rage qui bouillonnait en lui, mais ça ne suffisait pas. Il se fit couler un bain, et s'endormit presque dans la douce tiédeur de l'eau savonneuse, mais le souvenir qu'il devait se rendre à la retenue avec Granger et Rogue le tira brusquement de ses rêveries, et le mit d'encore plus mauvaise humeur. Il sentait qu'à la première rencontre qu'il ferait en sortant dans les couloirs, il ne pourrait se retenir de frapper très fort, peu importe sur qui ça tomberait. Mais Draco ne frappa personne, ce qui fut heureux car Colin Crivey passa à quelques mètres de lui dans un des passages secrets, mais le Serpentard, aveuglé par sa colère, ne le remarqua même pas.
Et voilà qu'il se retrouvait exactement où il ne voulait surtout pas être: en retenue avec une Gryffondor, et c'était Granger avec ça. Un seul réconfort: elle non plus n'avais pas l'air enchantée.

"Bon, comme je vous l'avais dit, pour votre retenue, vous nettoierez la salle des maîtres. Je pense que vous êtes assez grands et assez intelligents pour ne pas vous entretuer l'instant que j'ai le dos tourné, donc je vais vous laisser seuls à la tâche, car j'ai encore beaucoup de travail. Si jamais j'apprends que l'un d'entre vous a bâclé son travail où déserté, ce sera 100 points de moins à la maison du fautif. Comme garantie, je vous confisque vos baguettes!"

Rogue avait lâché tout ça d'une traite, et attendait maintenant qu'ils lui tendent leur baguettes, ce qu'ils firent avec un peu de réticence. Il les conduisit à l'intérieure de la pièce, et leur indiqua des balais et des seaux qui se trouvaient dans un coin.

"Vous procéderez avec ça, toute magie est interdite. Je reviens vous chercher dans 3 heures, et j'espère trouver un travail terminé et bien fait."

Il leur tourna le dos et partit, verrouillant la porte derrière lui.

"Comme s'il nous laissait l'occasion de partir…" marmonna Hermione, qui se dirigeait vers les balais.

Draco l'ignora et regarda autours de lui, mesurant l'étendue des dégâts. Les meubles étaient recouverts d'une fine pellicule de poussière, des restes de biscuits traînaient sur la table basse et des tasses de café sales s'empilaient dans un petit évier à côté de la fenêtre. La pièce était dans un état assez désastreux. Ça devait faire des semaines qu'un elfe de maison n'y avait pas posées les pieds. 'Ce que les profs peuvent être désordonnées,' pensa t'il avec un demi sourire aux lèvres. Il s'assit dans un des fauteuils et attrapa un magasine sur une pile.

"Je peux savoir ce que tu fais? On est sensés nettoyer!" dit Hermione, qui s'était mise à balayer le sol.

"Si tu crois que je vais me crever à ramasser la merde que laissent McGonagall et des autres derrière eux, Granger, tu te mets le doigt dans l'œil!"

Et il s'étendit en travers de son siège, comme pour accentuer sa détermination à ne rien foutre. Hermione rougit, mais réussit à garder son calme.

"Tu n'est qu'un imbécile, Malefoy, mais moi ça me gênes pas si tu veux faire perdre 100 points à Serpentard, ça va beaucoup nous aider dans la Coupe des Quatre Maisons…"

"Ah et puis tu penses que Rogue vas te croire, quand tu lui diras que j'ai rien fait?"

Hermione se tut, son visage affichant une expression de dégoût profond. Draco ricana, il y avait tout de même certaines personnes avec qui il toujours l'avantage, quoi qu'en pense Lucius. Il la toisa, cette Mudblood qui se prenait vraiment pour quelqu'un, et lui jetant un de ses fameux sourires, il entreprit de lire son magasine. C'était un truc pour femme Moldues, 'Marie-Julie' ou quelque chose de ce genre, mais Draco n'en avait que faire, il voulait tout simplement faire enrager Granger. Ce qu'il réussit monstrueusement bien d'ailleurs. Hermione lâcha son balais qui tomba avec fracas sur le sol et fulminant, s'approcha de lui.

"Pour la dernière fois, ôte-toi de là et mets-toi au travail!"

"Et si j'en ai pas envie?" répliqua t'il d'un ton presque chantonnant.

"Eh bien… DEBOUT!"

Hermione lui envoya un grand coup de pied dans le tibia droit, ce qui fit grimacer Draco de douleur. Décidément, tout le monde lui en voulait aujourd'hui. Les deux se regardèrent un instant, échangeant une haine incontrôlable, puis Draco se leva d'un bon et se rua sur Hermione, la plaquant au sol.

"Tu n'aurais vraiment pas dû faire ça, sale petite Mudblood!!! C'est dommage que tu ne t'entends pas avec Parkinson, elle aurait pu te prévenir qu'il ne faut pas me mettre de mauvaise humeur!"

Et il la gifla, plus fort encore qu'il ne l'avait fait le lundi d'avant, en classe. Cette fois, il n'y avait personne pour les séparer, pas même Potter pour protéger sa chérie. Il la tenait, la garce, et il allait se venger. Saisissant une poignée de longues boucles brunes, il lui tira la tête en arrière, exposant son cou. Draco enroula ses doigts autour de la peau blanche et fragile et serra, d'abord plutôt doucement, puis plus fort, comme si toute parcelle d'humanité qui lui restait quittait peu à peu son corps. Hermione se débattait avec fougue, mais elle ne pouvait rien contre la puissance des bras du jeune homme. Elle essaya de crier, mais le son se perdit dans sa gorge serrée, et elle peinait à respirer. Draco pouvait bien voir qu'elle souffrait, mais il s'en fichait. C'était de sa faute, après tout. Il en avait marre qu'on lui dise toujours quoi faire. S'il ne pouvait se venger sur son père, ça allait bien tomber un jour ou l'autre sur quelqu'un d'innocent. Mais Hermione n'était pas tout à fait innocente: elle était l'amie de Potter. Draco s'imagina tout d'un coup des yeux verts s'emplissant de larmes devant le corps tout meurtri d'un être cher, être que lui, Draco Malefoy, aurait détruit de ses propres mains. Ce fut à ce moment là, bien qu'il ne le remarque pas tout de suite, qu'Hermione s'évanouit…

Chapitre 8: Quelque part dans le néant

Au milieu de tout ce noir qui se refermait sur elle, Hermione ne voyait plus que deux blocs de glace devant elle. C'était les yeux bleus pâles de Draco, mais elle ne s'en rendait même plus compte. Sa gorge s'enflammait, serrée d'une étreinte de fer, et ses poumons se disputaient le peu d'air qu'il lui restait. Elle se sentait devenir très froide. Soudain, une petite voix souffla depuis l'arrière de sa tête:

"Pourquoi te raccrocher ainsi à la vie, alors qu'elle n'en vaut pas la peine…"

"Mais si, Ron et les autres ont besoin de moi!"

"Ma chère enfant, tu ne sers absolument à rien…pourquoi crois-tu qu'il y ait autant d'êtres humains sur terre? C'est pour que s'il en meurt, ça ne fait rien puisqu'il y en a tellement d'autres. Tu n'est qu'une parcelle de cette humanité décadente, tu n'as aucun pouvoir…"

"Qui êtes-vous?"

"Je suis ce que vous appelez la mort…"

"Vous vous attendez certainement à ce que je vous dise que ce n'est pas encore mon heure, comme dans les films?"

"Non, venant de toi ça m'étonnerait…"

"Pourquoi?"

"Tu n'est pas comme les autres."

La voix se tut un instant, comme si l'être invisible auquel elle appartenait avait besoin de réfléchir à ses dernières paroles. Le froid s'intensifia, Hermione sentait que la mort était fâchée de quelque chose, puis cette dernière parla à nouveau:

"Cela fait des millions d'années que je fais le même travail, et c'est pourtant la première fois que je me contredit sur quelqu'un. C'est justement peut-être parce que tu es différente que je ne te prendrai pas aujourd'hui… Profite bien de ta chance, Hermione, elle n'arrivera pas deux fois…"

Hermione voulut répondre, au moins dire merci, mais le froid quitta son corps comme si elle avait plongé soudainement dans un bain bouillant. La mort s'en était allée, et la jeune fille avait l'étrange certitude qu'elle ne la reverrait pas avant longtemps. Elle sentait quelqu'un la secouer, un peu violemment, mais ça ne faisait rien, car elle était trop contente d'être en vie pour s'en soucier. Elle entendit son nom, murmuré quelque part dans le néant.

"Hermione, réveille-toi!"

Elle ouvrit les yeux, prête à trouver Harry et Ron à côté d'elle, mais il n'y avait que Malefoy. Celui-ci paraissait dans un drôle d'état; il la tenait par les épaules et son visage affichait un air de frayeur renfermée. Il sembla soulagé quand elle s'assit, frottant son cou encore douloureux, mais ça ne dura qu'un instant. Quelques secondes plus tard, il avait retrouvé son mépris habituel.

"Tu as failli me tuer," dit-elle d'une voix calme et posée.

Pour une fois, il ne répondit pas. Détournant le regard, il se leva et empoignant un des balais, se mit au travail. Hermione resta un instant assis par terre, bouche bée. Elle se rendait compte que venant de la part de Draco Malefoy, ce silence et cette docilité soudaine comptait comme une sorte d'excuse, ce qu'elle accepta bien sur. Tous deux entreprirent de ranger et de nettoyer la salle des maîtres avec soin, et ils eurent fini un quart d'heure avant que Rogue vint les chercher. Depuis la bagarre, personne n'avait soufflé mot, et Hermione en était plutôt contente. Dès qu'elle put reprendre sa baguette, elle fila en direction de la tour de Gryffondor, souhaitant plus que tout au monde retrouver la chaleur et le confort de son lit. En cours de route, ne regardant pas vraiment où elle allait, elle fonça droit dans quelqu'un:

"Hermione, vas-y doucement! Qu'est-ce qu'il se passe?"

Maurane Valence lui sourit en ramassant les livres qui étaient tombés dans la collision. Hermione pâlit un peu mais se ravisa; elle pouvait après tout faire confiance à son professeur.

"Je viens d'avoir une retenue… il y eu quelques petites complications mais rien de bien grave…"

"Tu veux qu'on aille dans mon bureau pour en parler? C'est juste à côté…"

Hermione réfléchit. Si elle disait quoi que ce soit à Harry, c'était quasi sur qu'il truciderait Malfoy, et elle ne voulait pas vraiment en arriver là. Elle pourrait peut-être en parler à Ginny, mais ce n'était pas vraiment une bonne idée, celle-ci était déjà trop chagrinée par la disparition de Ron, et Lavande et Parvati ne comprendraient jamais…

"D'accord."

Elle suivit son professeur de Runes Anciennes dans une petite pièce aux couleurs vives. Le sol était recouvert d'un moelleux tapis violet et un bureau en bois clair trônait dans un coin. Hermione s'assit dans un des sièges devant le bureau, tandis que Valence leur préparait une tasse de thé.

"Alors, raconte-moi ce qui s'est passé."


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