"Ben, c'est assez compliqué… vous devez savoir que les Gryffondor et les Serpentards ne s'entendent pas du tout…"
"On m'a informé de la rivalité, oui…" répondit le professeur avec un petit sourire.
"Eh bien j'avais retenue avec un Serpentard et-,"
"-Et c'était Draco Malfoy. Le professeur Rogue m'en a parlé l'autre jour. Je le connais le jeune Malfoy, il est dans un autre cours de Runes Anciennes de 5ème année…"
Hermione regarda Maurane Valence, incrédule. Cette dernière parlait de Draco avec un tel relâchement que la jeune fille en venait presque à croire qu'il n'avait rien fait de mal.
"On s'est disputés et il a essayé de m'étrangler… j'ai failli mourir, je le sais car…"
Elle se rendit compte qu'elle n'arrivait pas à parler de son entretien avec la mort. C'était trop bizarre et irréel, voilà tout. Professeur Valence lui sourit et hocha la tête pour montrer qu'elle comprenait la difficulté d'Hermione à s'exprimer. Cette dernière prit la tasse que lui tendait la jeune femme et se mit à siroter lentement le liquide brûlant, savourant le goût comme si sa vie en dépendait.
"Mais il n'y a rien à faire…et de toute façon je ne pense pas qu'il recommencera."
"Fais tout de même attention…préviens-moi s'il recommence…"
Hermione lui sourit timidement. Elle finit sa tasse et s'en alla, souhaitant une bonne nuit à son professeur. Prenant la direction de la tour de Gryffondor elle hâta légèrement le pas, toujours un peu bouleversée par les événements de la soirée. Mais tandis qu'elle gravissait le grand escalier de marbre, elle entendit quelqu'un crier au loin. Oubliant toute prudence, elle se mit à courir en direction de la voix, ses pieds martelant le sol de pierre d'un bruit mat.
"Qui est là? Vous avez besoin d'aide?"
Seul le hululement lointain d'un hibou lui répondit. Les cris avaient cessé, mais elle pouvait maintenant entendre des coups sourds. Elle distingua dans la pénombre de ce corridor inconnu une raie de lumière sous une tapisserie. Cela devait être l'entrée d'un passage secret. La tapisserie représentait un serpent enroulé autour d'une dague et Hermione frissonna en écartant le pan de toile. Un passage illuminé par des torches descendait dans les entrailles du château et la jeune fille entendait à présent des éclats de voix.
"Je te dis que je refuses!"
"Il me semble que la leçon de cette après-midi ne t'ait pas suffit…"
Hermione eut soudain très peur; peur d'être le témoin d'une scène dont elle ne voulait surtout pas se mêler. Mais un cri de douleur éclata de nouveau et elle prit son courage à deux mains. Parcourant la longueur du couloir en trombe, elle déboucha dans une petite salle faiblement éclairée. Draco était assis parterre, le visage en sang et devant lui se tenait un homme qu'elle n'avait vu que peu de fois dans sa vie mais dont elle se serait bien passée: Lucius Malfoy…
Chapitre 9: À plusieurs centaines de mètres d'altitude
Draco se sentait au bord de l'évanouissement lorsqu'Hermione déboucha dans la pièce par le passage secret. Il fut tellement éberlué de la voir là qu'il ne pensa même pas à profiter du moment de confusion pour récupérer sa baguette qui se trouvait dans la poche de Lucius. Celui-ci eut un mouvement de recul en apercevant la jeune Gryffondor, mais retrouva bien vite (malheureusement) ses esprits.
"Tiens, tiens, tiens… ce serait pas la petite amie de Potter par hasard?"
Hermione, par habitude, eut l'impulsion soudaine de le corriger, mais Lucius lui jeta un regard qui la fit taire.
"Peu importe qui tu es, ma petite Mudblood… je t'ai déjà vue et c'était en compagnie de Potter, c'est tout ce qui compte! Stupéfix!"
Draco ferma les yeux contre le bruit mat que fit le corps de son ennemie en tombant. Il avait beau la détester, il ne lui souhaitait quand même pas de tomber entre les mains crochues et perverses de son père…
"Viens, toi!" dit Lucius en lançant à son fils meurtri un regard chargé de haine, "nous partons!"
"Mais…où allons-nous?"
"Au Manoir! Dépêche-toi !"
Se levant avec peine, le jeune homme suivit son père hors du château. Lucius avait jeté Hermione, toujours évanouie, sur son épaule et Draco avait l'étrange envie de l'arracher de là, même si c'était la meilleure amie de Potter. Après tout, Voldemort avait déjà Weasley, alors pourquoi prendre Granger? Cette question lui paraissait logique, mais elle lui pesait à la fois douloureusement sur le ventre, comme s'il avait pensé quelque chose qu'il n'aurait pas dû. La petite procession arriva soudain en vue d'une calèche, tirée par quatre chevaux ailés. Ceux-ci étaient d'un blanc de nacre et leurs flancs miroitaient la lumière de la pleine lune. Lucius fit monter Draco dans le petit espace et lui passa le cops inerte d'Hermione qu'il assit non sans peine à côté de lui sur la banquette rouge pourpre. La tête de la jeune fille était appuyée contre la vitre et elle semblait si flasque que Draco crut presque que Lucius l'avait déjà tuée. Quand tout le monde fut à l'intérieur, la calèche s'ébranla et décolla, tirée par les pégases blancs. Draco regarda son père s'endormir en pensant à ce qui lui arriverait lorsqu'ils seraient à la maison…sûrement quelque chose de très déplaisant…
Une heure s'écoula, mais le Serpentard ne trouvait pas le repos. Ses paupières s'alourdissaient parfois mais se rouvrait aussitôt, son esprit en proie à une nouvelle idée folle pour s'échapper de ce calvaire. Soudain, alors que Lucius dormait encore, Draco remarqua quelque chose qui dépassait d'une des poches. 'Ma baguette! Comment ai-je pu oublier?!' Alors lentement, il se leva de son siège et tendit la main à travers la semi pénombre (il n'y avait pas de lampes dans le carrosse, juste la lumière de la lune au dehors). Prudemment, il saisit le mince bâton de bois et commença à le retirer lentement, mesurant ses gestes. Lucius grogna bruyamment, mais se tourna sur le côté, ce qui facilita la tâche. Dans les 10 secondes qui suivirent, Draco avait à nouveau sa baguette en main. Il se tourna vers Hermione:
"Enervate!"
"Que-"
Draco eut juste le temps de plaquer sa main sur la bouche de la jeune fille avant qu'elle ne réveille son père.
"Chut! Tais-toi sinon il se réveillera et crois-moi, tu n'aimerais pas ça! Lumos!"
Hermione jeta un regard apeuré autours d'elle et se recroquevilla sur son siège, comme pour s'éloigner le plus possible des deux dangers ambulants qui se trouvaient dans la calèche. Elle semblait désemparée, surtout quand elle constata en regardant par la fenêtre qu'ils se trouvaient en train de voler dans les airs à plusieurs centaines de mètres d'altitude.
"Où suis-je? C'est toi qui m’as amenée ici? Laisse-moi sortir!"
Draco soupira. Elle avait beau être brillante en classe, quand les choses se compliquaient un peu elle devenait très bête!
"Mais non idiote! Comme si j'aurais fait une chose pareille…" Draco ignora la lueur de désapprobation dans le regard d'Hermione, "c'est lui!"
Il désigna l'homme assoupi sur la banquette en face d'eux. Hermione eut une expression de dégoût en reconnaissant Lucius Malfoy. Draco sourit légèrement, comprenant tout à fait cette réaction. Ils avaient au moins un point commun; ils détestaient la même personne. Cela serait utile s'ils devaient travailler ensemble pour sortir de Malfoy Manor, si jamais ils survivaient jusqu'à ce que l'occasion se présente…
"J'imagine que tu l'as aidé…"
"Tu tiens vraiment à ce que je t'étrangles pour de bon Granger?"
"Non ça ira merci! C'était très dangereux ce que t'as fait tout à l'heure!"
"Je sais, mais crois-moi c'est le moindre de mes soucis pour l'instant! Essaie d'ouvrir la porte…"
Hermione ne bougea pas, l'interrogeant du regard.
"Fais ce que je te dis! Si tu veux t'en sortir vivante, fais-le!"
Soupirant, la jeune fille se tourna vers la porte et saisit la poignée en argent. Elle appuya de toutes ces forces mais rien ne se passa: ils étaient enfermés. Draco essaya aussi, puis lâcha un grognement et tapa du poing dans le moelleux de la banquette. Il n'y avait rien à faire…
"Écoute, mon père nous veut du mal à tous les deux; moi parce que je lui ai désobéi et toi parce que tu es proche de Potter. Le connaissant, il est capable de nous faire subir les pires tortures imaginables et même si je te déteste, ne l'oublie jamais, ce serait inhumain de ma part de t'abandonner à un sort si affreux…le mieux c'est que je te pétrifie et quand tu reviendra à toi au Manoir, on avisera. J'ai pas d'autres idées pour l'instant…"
"Pff, pas besoin d'avoir pitié de moi, Malfoy! Je sais très bien me défendre!"
Les yeux de Draco n'étaient plus que de maigres fentes et son visage s'imprimait de colère renfermée. Lucius lui avait jeté un sort dans son enfance lui empêchant de lancer des sorts sur un membre de sa famille, alors Draco se contenta de changer deux boutons de manchette en boules caisses et de les enfoncer dans les oreilles de son père, qui heureusement ne se réveilla pas, puis il explosa:
"Tu sais très bien te défendre hein?? Sais-tu seulement ce que mon père et Voldemort pourraient te faire, rien que parce que Potter t'aime??? Le seul fait que tu es aussi une Mudblood ne serait pas mentionné bien sûr! J'aurais été prêt à t'éviter bien des ennuis en les attirant sur moi et voilà que ton foutu courage de Gryffondor se ramène!!!!!"
"Tu me connais mal…"
"Et toi, bien que Potter les ait affronté je ne sais combien de fois, tu connais mal les Mangemorts! Ils te tortureront, te violeront puis te laisseront agoniser jusqu'à ce que tu meures!!!! C'est ça que tu veux???"
"Comment pourrais-je te faire confiance? Seul un Mangemort peut-être aussi au courrant…"
"Qu'est-ce que tu insinues exactement?"
Hermione eut un rictus mauvais en croisant ses bras en travers de sa poitrine. Elle arborait l'air de quelqu'un qui savait quelque chose d'important avant les personnes concernées. Draco le connaissait trop bien, l'ayant utilisé tellement de fois devant le Trio des Zéros (surtout en 4ème année, avec le Tournoi et ensuite les articles).
"Cesse de monter sur tes grand chevaux! Tout le monde à Poudlard sait que tu as été fait Mangemort quand Voldemort est revenu!"
Draco ouvrit grand les yeux, d'abord stupéfait. C'est donc pour ça que tout le monde m'évitait, sauf Crabbe et Goyle qui sont trop bêtes pour comprendre et Pansy qui s'en fiche…' Puis la rage prit une nouvelle fois le dessus. Oubliant toute prudence vis à vis de son père (qui dormait toujours, en ronflant par dessus le marché), il se jeta pour la deuxième fois de la soirée sur Hermione. Celle-ci laissa échapper un cri de surprise, mais ce débattit mieux que dans la salle des maîtres, réussissant à mordre Draco au bras. La calèche était assez grande et Lucius ne bougea pas lorsque les deux roulèrent parterre en se ruant de coups de poings (qui heureusement n'atteignaient presque jamais leur but). Draco, de loin le plus fort, arriva au bout de cinq minutes à coincer Hermione en dessous de lui. Il lui ligota les mains à l'aide de ficelles tirées de sa baguette et murmura, sa voix chargée de dégoût:
"Je comprends vraiment pas comment j'ai pu penser un instant à te sauver! Tu n'est qu'une sale ingrate-"
Mais il s'arrêta, un sentiment d'effroi coulant en lui. Je viens de dire exactement ce qu'aurait dit mon père…c'est impossible, je ne peux pas être en train de devenir comme lui…' Hermione détourna la tête et Draco envahi d'une honte terrible la détacha. Son ennemie ne bougea pourtant pas, ce qui mit le jeune homme encore plus mal à l'aise.
"Je…je suis désolée…"murmura Hermione, "j'aurais dû te croire. C'est qu'avec tout ce qui se passe en ce moment on ne sait plus à qui on peut faire confiance…tu n'est pas Mangemort, c'est ça?
"Non. Je n'ai jamais voulu l'être."
"Et tu détestes Voldemort et ton père?"
"Du plus profond de moi-même…"
Les deux restèrent un instant couchés à se regarder d'un drôle d'air. Draco se sentit rougir, mais si Hermione le remarqua elle ne dit rien. Lucius ronflait et une fine pluie s'était mise à marteler le toit du véhicule. Dehors, les chevaux ailés lancèrent un hennissement plaintif. Draco savait qu'ils seraient bientôt au Manoir et se dit: 'maintenant, fais-le maintenant. Après il sera trop tard et elle sera perdue à jamais…' Alors il se pencha en avant et posa ses lèvres sur celles d'Hermione…
Chapitre 10: Cet ignoble personnage
Hermione sentit son souffle se bloquer dans sa gorge lorsque Draco l'embrassa. Prise par surprise elle voulut le repousser, l'histoire de leur haine constante défilant devant ses yeux à toute allure, puis elle se laissa aller, posant ses mains tremblantes sur les épaules du Serpentard. Alors qu'elle s'abandonnait, une voix triste et en même temps furieuse retentit dans sa tête: C'est mal, c'est très mal! "Tu es en train de fraterniser avec l'ennemi, voilà ce que tu fais!" Les paroles utilisées par Ron au Bal de Noël en 4ème Année vis à vis de sa relation avec Viktor Krum lui revinrent en mémoire, lui arrachant un petit gémissement de douleur. Son ami était en train de souffrir tandis qu'elle, elle était couchée au fond d'un carrosse à embrasser leur pire ennemi commun. Rassemblant ses forces, elle détourna la tête et repoussa Draco, évitant soigneusement de le regarder dans les yeux.
"Je ne peux pas…Draco."
"Hermione…" dit-il en l'empoignant par les épaules.
"Non," hurla t'elle presque en se relevant, " c'est pas bien du tout et tu le sais! J'ai honte et ça devrait être pareil pour toi!!"
Draco resta un instant muet à la dévisager, puis son visage afficha une grimace de colère.
"Très bien. Je croyais que tu avais compris ce que je te disais tout à l'heure, mais je me suis trompé. Autant dire que je ne t'ai jamais réveillée…Stupéfix!"
La vision d'Hermione se brouilla subitement, mais elle put tout juste distinguer une lueur de déception qui scintillait dans le regard soudain si froid de Draco avant de sombrer dans un noir total et presque palpable…
Beaucoup plus tard…
Une douleur cuisante lui martelait le front. Ce fut la première chose qu'Hermione ressentit en reprenant conscience. Essayant de tromper la douleur en gardant les yeux fermés, elle tendit une main hésitante et palpa d'une main aveugle le sol sur lequel elle était couchée. C'était de la pierre assez brute, beaucoup moins lisse que celle des corridors et des murs de Poudlard mais aussi beaucoup plus froide. Maintenant qu'elle s'était extirpée de sa torpeur, la jeune fille avait l'impression d'avoir dormi dans un réfrigérateur. Lentement et prudemment, elle ouvrit les yeux pour ne rencontrer qu'une pénombre étouffante. La seule lumière provenait d'une lucarne à barreaux située à environ trente mètres du sol. Restant couchée un instant, Hermione laissa ses yeux s'habituer à l'obscurité, puis elle s'assit en se tenant la tête. La douleur augmenta et Hermione tressaillit lorsque ses doigts rencontrèrent un liquide chaud qui émanait de ce qui semblait être une plaie assez profonde: du sang. 'Où suis-je?' la question resta en suspens dans sa tête tandis qu'elle essayait vainement de se remémorer comment elle avait bien pu atterrir dans un endroit aussi sinistre"'Malfoy! Oh le salaud! Juste parce que…" Mais elle n'avait pas le courage de se révolter, même intérieurement.
"Il faut d'abord que je sorte d'ici!"
Elle avait dit cette dernière phrase tout haute sans s'en rendre compte et crut qu'elle allait s'évanouir lorsqu'une voix s'éleva du coin le plus sombre de la pièce.
"Te casses pas la tête, c'est impossible…"
Hermione se leva timidement et s'aventura dans la direction d'où provenait la voix. Un bruissement d'étoffe lui parvint, accompagné d'un cliquetis de chaînes. La voix, bien que très enrouée sûrement par manque d'eau, lui semblait avoir un timbre familier.
"Qui êtes-vous?"
"Je m'appelles Jack Sullivan. J'ai 16 ans et je devrais être à Poudlard mais ça va bientôt faire 2 ans que je suis ici…j'ai été capturé à 14 ans par Lucius Malfoy, un peu avant que Voldemort ne revienne au pouvoir…"
"Tu allais à Poudlard avant? Dans quelle maison? Comment ça se fait que tu es ici?"
"J'étais à Serdaigle. Dans ma famille ce sont tous des Serpentards, alors tu imagines la déception et la fureur quand je n'y suis pas allé à mon tour. Ils voulaient que je devienne Mangemort, mais je m'y suis opposé depuis toujours. Lors de ma 4ème Année j'ai révélé à Dumbledore d'importants secrets concernant les activités des proches de Voldemort, rien que pour me venger de ma famille, mais j'ai été découvert facilement et on m'a vite fait taire en m'enfermant ici. La seule raison que je ne suis pas déjà mort c'est qu'ils espèrent tous que je vais changer d'avis si on me laisse mijoter assez longtemps."
Il avait dit tout ça d'une traite et Hermione se sentait gênée. Ce garçon ressemblait un peu à Draco, lui non plus avait renié le destin que sa famille lui avait imposé, et voilà où tout ça l'avait mené. Si jamais elle s'en sortait, elle conseillerait à Draco de changer de nom et de s'enfuir très loin.
"Moi c'est Hermione Granger. Je suis à Gryffondor en 5ème Année…"
"Ah oui, il me semble t'avoir vu quelques fois à l'école en compagnie d'Harry Potter…c'est bien ça?"
"Oui, c'est mon meilleur ami. Dis, est-ce que les Mangemorts n'auraient pas capturé un garçon roux aux yeux marrons il y a environ une semaine?"
"Tu sais il y a tellement de prisonniers séjournent dans ma cellule et qui repartent ensuite que je ne peux te dire exactement mais c'est bien possible…"
"Les prisonniers, où les amène t'on après?"
"Je ne sais pas, aucun n'est jamais revenu ici…"
Hermione redevint silencieuse. Ce Jack Sullivan, bien qu'il semblait assez inoffensif, avait l'air de n'avoir pas toute sa tête. La façon dont il parlait avec un détachement évident donnait l'impression que cette cellule sombre lui avait ôté tout sentiment. C'était probablement là l'effet voulu par Voldemort. Lorsque devenu comme une poupée humaine, les Mangemorts n'auraient aucun problème à en faire l'un d'entre eux. Et avec lui, aucun moyen de savoir si Ron se trouvait réellement dans les environs et qu'est-ce qu'il lui était arrivé. Juste au moment où elle s'apprêtait à retourner vers le milieu de la pièce, une porte noire dissimulée dans le mur s'ouvrit. Bien qu'elle ne soit restée que quelques heures dans la pénombre, la lumière aveuglante qui s'engouffrait dans la cellule lui piquait affreusement les yeux. Deux silhouettes apparurent et s'avancèrent vers elle. D'instinct, Hermione recula vivement, ses pieds ricochant contre des pierres éparpillées sur le sol, et leva ses bras comme faible protection. En un éclair, les formes sombres l'agrippèrent violemment et la tirèrent en direction de la porte. Ouvrant les yeux, Hermione adressa un regard suppliant à l'insu de Jack mais celui-ci avait la tête tournée dans la direction opposée et ne le vit pas. La lourde porte se referma sur la prison dans un grincement sinistre et Hermione regretta presque Jack, l'obscurité et le froid polaire qui y régnait. Tout valait mieux que de devoir affronter Voldemort.
"Où m'emmenez-vous?" demanda t'elle, bien qu'elle était quasi-sûre de la réponse.
"Voir le maître! Ferme-là!"
Hermione jugea prudent d'obéir à ses geôliers et se tut. Les observant, elle devina qu'il s'agissait des pères de Crabbe et Goyle. Ils avaient la même stature et apparemment la même intelligence non existante. Pendant qu'ils serpentaient dans les donjons (Hermione avait deviné que c'était là où ils se trouvaient), elle se mit à penser à Draco. Où était-il à présent? Avait-il reçu le même traitement? Était-il toujours vivant? Elle se frappa mentalement, envoyant tout de même une nouvelle décharge de douleur réelle à sa blessure sur le front. Qu'est-ce qui te prends de penser à cet ignoble personnage! Sans lui tu serais au lit en train de dormir paisiblement… Une brusque secousse de la part de Crabbe Senior la tira de sa rêverie. Ils étaient arrivés devant une grande porte en chêne. Hermione retint son souffle, terrifiée de rencontrer la personne qui se tenait de l'autre côté. Goyle Sr toqua trois fois et une voix froide répondit:
"Entrez."
Les deux brutes qui tenaient Hermione poussèrent la porte et l'obligèrent à avancer. La jeune fille tenta de toutes ses forces de résister mais il n'y avait rien à faire. La pièce dans laquelle elle se trouvait maintenant était gigantesque. Des torches projetant une lumière verte s'alignaient par centaines contres les murs de pierre. Des sièges, disposées eux aussi le long des murs, étaient occupés par des personnes vêtues entièrement de noir: des Mangemorts. Et tout au bout de la salle se tenait un trône de bois ancien. Il était taillé de manière que le nombre de serpents infinis qui l'ornait semblait bouger dans la lueur des flammes. Sur ce trône était assis Le Seigneur des Ténèbres; Lord Voldemort…
C'est super, j'adore ta fanfic et j'ai vraiment, vraiment hâtre de lire la suite !
Je n'ai aucun autre mot à dire...splendide tout simplement splendide ! J'adore ta fanfic ! La suite, la suite !
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